Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 13:49

       Je suis allé cette après-midi voir Take Shelter pour la deuxième fois au cinéma et ça confirme clairement mon ressenti initial : puissant chef d'oeuvre qui m'a fait trembler de partout, tellement que quelques larmes ont débordé. Ce deuxième visionnage m'a permis de réaliser que le film a deux lectures possibles selon le point de vue, et que l'émotion est aussi intense des deux côtés. Ca relève du génie. C'est bien simple, Take Shelter est un gros mélange de tous les films que j'adule : The Tree of Life pour la beauté des plans (et la géniale Jessica Chastain), Shutter Island (Michael Shannon est une énorme découverte pour ma part, une vraie perle qui n'a vraiment pas à rougir de Dicaprio pour le coup), Melancholia pour les émotions refourguées (et pas vraiment pour le scénario malgré les similitudes de construction narrative), et enfin les films de Shyamalan en règle générale : certaines situations peuvent faire penser à Phénomènes, mais la façon de filmer merveilleuse est digne d'Incassable ou Sixième Sens, et c'est un compliment que je fais extrêmement rarement. Certains mouvements de caméra font clairement penser à Shyamalan et ça je peux pas le nier : je suis fou fou fou de ce genre de cinéma. Bref, en faisant ça, Jeff Nichols surpasse (à mon goût) à la fois Melancholia et The Tree of Life (mais de peu). Ce n'est que mon avis, mais rarement je n'aurais ressenti de telles choses au cinéma. Le seul conseil que je peux donner est : courez le voir si vous avez la chance d'avoir un ciné qui le projette (en VO bien entendu).


       La suite de l'article consiste en une légère analyse de ce film, selon les points de vue offerts par le film, dans laquelle je raconterai la fin dans les détails ainsi que de nombreuses scènes qui m'ont marqué à l'aide de l'émotion, de la BO et de l'interprétation des acteurs. La suite est donc purement et strictement réservée à ceux qui ont vu le film.


Indice Spoiler :   Spoiler3


take-shelter-copie-1

 

-> Lire la suite...

         Une folie orageuse


        Dans cette première partie, je vais essayer de développer le point de vue avec lequel je me sens le moins proche. La première fois que j'ai vu Take Shelter, à la fin du film ma réaction a été claire, nette, sans doute possible : Curtis n'est définitivement pas fou contrairement à ce qu'on veut nous faire croire en introduisant les psychologues, le personnage de la mère de Curtis, et ses prédictions se réalisent finalement de façon merveilleuse dans la dernière scène. Je reviendrai sur ce point de vue dans la deuxième partie.


        En traînant sur des forums, j'ai croisé une personne qui pensait au contraire que la scène finale du film pouvait éventuellement être un ultime cauchemar de Curtis. Certains diront que c'est illogique compte tenu du fait que tous les personnages voient la tempête arriver avant Curtis, et qu'on ne se place plus du tout derrière son regard. Sa fille Hannah est la première à remarquer la tempête, suivie de peu par Curtis et Sam, ainsi que le spectateur lui-même, par l'intermédiaire de la baie vitrée. En effet, lorsque la caméra se pose sur Samantha regardant la tempête, elle montre également dans le reflet de la vitre des tornades qui se forment, ainsi qu'un raz-de-marée approchant. Cette façon de filmer n'est clairement pas là par hasard, c'est à mon avis pour suggérer que cette fois-ci, la scène est montrée sous un point de vue universel et purement objectif, et non pas soumis aux hallucinations ou aux rêves de Curtis. J'y reviendrai après.


take shelter 3
  (Je n'ai malheureusement pas pu trouver les images que je voulais pour illustrer mon article, 
 j'aurais préféré choper les scènes de regards entre les deux acteurs principaux mais c'est introuvable) 


      Cependant, dans le rêve précédent, celui de l'attaque des oiseaux, on peut remarquer qu'à ce moment déjà, c'est bien la fille Hannah qui remarque quelque chose de louche en premier. C'est elle qui s'écarte pour aller se planter sur la route, et c'est seulement à ce moment que Curtis s'inquiète. Théoriquement, il n'est donc pas impossible que la scène finale soit un énième mauvais rêve de Curtis. Mais pour moi, considérer cette éventualité scénaristique nous fait pousser la réflexion un peu trop loin au lieu de ressentir ce que le réalisateur a voulu montrer, tout comme dans Shutter Island d'ailleurs, où le "meilleur" point de vue à adopter est relativement clair. Quand je parle de "meilleur" point de vue, j'entends par là le point de vue qu'a voulu faire passer les réalisateur/scénariste. Après libre à nous de nous faire notre idée, mais est-ce vraiment nécessaire ?


        Pour Shutter Island (film que je ne spoilerai pas ici je vous rassure) comme pour Take Shelter, j'aurai tendance à répondre non (même si bien entendu je respecte toujours hautement tous les points de vue les plus plausibles). Pour moi, il n'est pas nécessaire de se creuser la tête à ce point. Dans Shutter Island, rejeter l'évidence proposée par Scorsese revient pour moi à mettre de côté les détails les plus rusés du scénario, les gestes les plus imperceptibles des personnages qui prennent soudainement toute leur importance à la deuxième vision, la rendant ainsi bien meilleure que la première. Dans Take Shelter, rejeter l'évidence (ou la quasi-évidence) proposée à la fin du film me parait être inhibateur d'émotion. En effet, à supposer que Curtis soit vraiment fou, que fait-on de cette fin de film ? Si les dernières images de Take Shelter sont uniquement rêvées par Curtis comme tout au long du film, alors le film ne prend pas d'envol émotionnel, et la fin du film tombe finalement à plat même si ça s'avèrerait terrible pour lui. Les regards appuyés et ébahis entre Sam et Curtis perdent toute leur valeur et n'ont finalement aucune raison d'être.


        Tout l'épisode de l'abri anti-tempête garde par contre sa puissance émotionnelle, car si Curtis est dans un délire paranoïaque, la force avec laquelle il accorde sa confiance à sa femme et sa fille est une pure merveille, finalement aussi belle que l'amour que porte réciproquement Sam à Curtis. Mais à l'inverse, je vais reparler plus en détails de cette scène après et je pense qu'en se plaçant sous le second point de vue, la scène de l'abri est encore plus saisissante et émouvante.


Take-Shelter-68


      Non, le seul réel intérêt que je vois à ce point de vue est d'ordre purement métaphorique et psychologique. Si Curtis est fou, alors sa maladie est joliment symbolisée par cette tempête qui arrive, qui gronde. Curtis a autant peur de l'arrivée d'une vraie tempête que de l'arrivée d'une telle maladie, c'est d'ailleurs ce qui rend son personnage poignant et attachant. Mis à part ce rapprochement tempête/maladie, je trouve que le second point de vue est beaucoup plus passionnant et touchant.

 




         Un sixième sens qui fait souffrir
 

        Plaçons-nous à présent sous le second point de vue, celui qui me plait beaucoup plus, qui me prend aux tripes bref, celui qui est à mon goût clairement suggéré par le film. Pour moi, il est clair que Curtis, malgré son côté "mythe de Cassandre", prouve à la fin du film qu'il avait raison. Il le prouve à tout le monde mais surtout à lui-même, car c'est l'un des traits du personnage principal les plus percutants, celui qui me touche le plus : Curtis doute lui-même de sa santé mentale, et ce pendant tout le film.


        Dès le départ, lorsqu'il emprunte le bouquin sur "Comprendre la maladie mentale" à la bibliothèque, puis affronte sa mère et divers psychologues, Curtis fait un travail énorme sur lui-même. Cette remise en question de lui-même est magnifique, je trouve, car ça nous crée un personnage principal qui souffre de ses visions physiquement mais également moralement. Il fait des cauchemars, puis souffre du regard qu'il a sur lui-même avant de souffrir pleinement du regard d'autrui et du mal qu'il fait à ses proches. Seulement voilà, Curtis doute également de ses visions et quelque chose en lui lui donne la force d'assumer son éventuelle folie jusqu'au bout, quelles que soient les réactions de sa femme, son collègue, son frère, si tant est qu'il y ait une minime chance que ses rêves soient prémonitoires. Il a donc une volonté d'aider à tout prix sa femme et sa fille qu'il aime plus que tout, quitte à les faire souffrir et à se faire souffrir lui-même. Je trouve ça très puissant, et d'autant plus puissant si on considère qu'il n'est absolument pas fou.


       Effectivement, comment alors ne pas prendre pitié pour ce pauvre homme qui a raison sur toute la ligne mais souffre tellement du jugement des autres qu'il est obligé de se juger lui-même ? C'est principalement la raison pour laquelle je ne pourrais jamais trouver Take Shelter ennuyeux, tout simplement parce que tout le film se base presque uniquement sur ce conflit intérieur et psychologique qui s'avère passionnant, magnifique et procure un flot d'émotions rarement atteint au cinéma.


take-shelter2


       Je prends pour exemple l'une des scènes les plus marquantes du film : la sortie de l'abri anti-tornade. La scène pendant laquelle Sam demande à Curtis d'aller ouvrir la porte avec tant de douceur, de compréhension et de patience est l'une de celles qui m'a le plus ému, tous films confondus. Un instant seulement, le spectateur pense que Curtis va rester fermement dans son délire et obliger sa femme et sa fille à ne pas bouger de l'abri. On pense, ne serait-ce que quelques secondes, que Curtis va garder la clé et empêcher tout le monde de sortir. Mais ça ne dure que quelques secondes, voire quelques centièmes de seconde, car Jeff Nichols ne tombe pas dans ce cliché absurde et reste cohérent avec ses personnages jusqu'au bout. Curtis est au bout du rouleau, il pleure comme pas possible, terrassé à l'idée qu'il puisse réellement être fou. Abattu parce qu'il a peur de ce qui se trouve dehors et craint pour la survie de sa petite famille. Mais là, signe d'amour et de confiance infinie, Curtis lâche dans un murmure plein de sanglots "je ne peux pas...", avant de tendre difficilement la clé à sa femme.


        C'est pour moi le geste le plus touchant et le plus marquant du film, dans lequel réside toute la confiance qu'il porte à Sam, à qui il confie son destin sans broncher, admettant qu'il a peut-être tort mais ne peut s'empêcher de lutter contre ses convictions. C'est vraiment très très puissant, d'autant que l'amour qui flotte dans ce couple ne s'en tient pas là. Car, réciproquement, la réponse de Samantha est tout aussi sublime et poignante : "tu dois le faire toi-même, c'est à ce prix que tu pourras rester avec nous". Abattue elle aussi de voir son mari dans un tel état, elle fait preuve d'une grande force et d'une grande philosophie pour le sortir de là. C'est somptueux et merveilleux.



          Qui plus est, la musique de cette scène (Storm Shelter, signée David Wingo) monte en puissance tout au long de la scène, atteignant son paroxysme lorsque Curtis décide enfin d'ouvrir la porte et que le spectateur est sur les nerfs (mais merde, y'a quoi dehors ??). Cette musique que je passe maintenant en boucle depuis quelques jours est une pure beauté qui transforme la situation du film en des larmes de puissance et d'émotion pour le spectateur. C'est du pur cinéma et c'est réellement tout ce que j'attends ressentir en allant voir un film.


 


 


         De même, la fin du film est alors démesurément puissante, notamment dans les regards que se lancent les deux personnages. Ces regards qui veulent tout dire, Curtis commençant par se retourner vers Sam, la questionnant du regard "toi aussi tu le vois ?", preuve qu'il n'est finalement pas fou. Rien que cet appui qu'il cherche envers Sam est poignant...


       Le regard de Sam suivi de son acquiescement est emprunt d'une puissance émotionelle remarquable, d'autant qu'ici encore David Wingo n'a pas raté son coup. La musique, "At the Beach", qu'on avait déjà entreaperçue dans la bande-annonce, est une beauté sans nom, collant magnifiquement à la scène et à l'échange de regards entre les deux acteurs. Franchement, on connait Jessica Chastain depuis peu et je n'avais personnellement jamais entendu parler de Michael Shannon, mais ces deux acteurs me semblent être d'incroyables révélations pour l'avenir du cinéma. Leurs regards sont tellement vrais, criants, poignants que je n'en reviens toujours pas. L'un des plus frappants est le double regard qu'a Curtis envers Sam en se retournant à deux reprises, visiblement surpris lui-même d'avoir eu raison depuis le début... Il tombe autant des nues que sa femme, et tous les deux se réunissent alors pour assister à ce qu'on imagine être leur fin. C'est à pleurer, surtout que la musique est vraiment un délice. On voit que Wingo a compris l'essence même d'une musique de film : le fait de faire monter en puissance sa musique jusqu'à presque nous assourdir est le signe qu'il a tout compris.




 
        Qui plus est, ce point de vue donne tout son sens aux dernières répliques du film, lorsque Curtis dit à sa femme : "Samantha ?" et que celle-ci répond "Ok", un OK d'excuse et de compassion qui pourrait s'approcher d'un "maintenant je vois pourquoi tu as fait tout ça", et qui veut tout dire. C'est beau et ça conclut le film de façon sublime. Après la projection, on ne peut d'ailleurs que se dire une chose : finalement Curtis a mis des mois et des mois à préparer son abri anti-tornade, il a ruiné sa famille, s'est démené pour qu'on ne le prenne pas pour un fou, et finalement alors que tout le monde a réussi à le convaincre qu'il a une maladie mentale, on se rend compte qu'il avait raison et qu'il se trouve désormais à des kilomètres et des kilomètres de son abri... C'est triste et c'est désespérant. Mais c'est un dénouement sublime.

                     
        Deux personnages qui s'aiment


       Vous le voyez donc, mon avis va clairement sur le second point de vue selon lequel Curtis n'est pas fou et que ses rêves étaient finalement prémonitoires. Cette fin est tout aussi puissante et triste que la première, puisque si on considère que les visions de Curtis sont prémonitoires (chose confirmée par l'étrange pluie orange qui tombe sur la main de Samantha), alors ça signifie que ses rêves auront peut-être tendance à se produire et que cette pluie va rendre les gens complètement dingues, etc. Ca fout les boules pour leur avenir et c'est une des multiples façons de voir la fin.


        Quoiqu'il en soit, et quelque soit la fin considérée, il reste indéniable que l'émotion est présente sous tout point de vue, et ceci pour la simple et bonne raison que cette émotion forte est créée par l'amour mutuel entre Sam et Curtis.


Take Shelter


       Premièrement, l'amour de Curtis envers Sam, dont j'ai déjà parlé, est magistralement montré avec intensité lorsqu'il lui accorde toute sa confiance et souhaite remettre entre les mains de sa femme la clé qui pourrait mener à leur perte. Il fait confiance à Sam en admettant qu'il peut être fou, et c'est réellement puissant. Pendant tout le film, Curtis fait pitié et l'acteur Michael Shannon le fait ressentir avec sa voix, lorsque Curtis s'excuse constamment, qu'il se prend une gifle et reste seul face à sa culpabilité. D'un côté il doit gérer sa pulsion qui lui commande de protéger sa famille, et de l'autre il doit songer à l'éventualité d'avoir hérité de la maladie de sa mère.


         Deuxièmement, et ça j'en ai plutôt parlé sur l'autre article, c'est incontestablement l'affection de Sam envers Curtis. Elle le voit souffrir constamment, et sent que sa folie le rend incontrôlable, mais jusqu'au bout elle le soutient, le prend dans ses bras, pose sa tête sur son épaule, cherche à le comprendre, lui sert d'appui. L'une des scènes les plus belles du film à ce propos est la scène du repas commun dans la grande salle. Curtis pète les plombs, gueule que tout le monde va se prendre une tempête pas possible sur le coin de la tronche, et l'assemblée le prend pour un fou. Tout le monde le rejette, a peur de lui, sauf Sam qui s'approche de lui les larmes aux yeux, réalisant que son mari ne va pas bien, et prend son visage entre ses mains pour l'aider et le consoler. C'est un très beau moment de cinéma pour ma part qui une fois de plus m'a transmis un tonnerre de frissons, de larmes et d'émotions.




           Je sais, j'ai l'émotion facile mais je pense avoir réussi à mettre des mots sur ce que j'ai ressenti en voyant ce film. Take Shelter pour moi c'est un film qui va rester longtemps gravé. Comme je le disais, j'attendais de voir ce film une deuxième fois pour être sûr de lui attribuer un point rouge, et bien voilà qui est fait, et tant pis pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind qui va devoir lui laisser sa place dans le top 25...








Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Le meilleur du Cinéma
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Commentaires

Contente de voir que tu préfères la deuxième théorie à la première. J'ai été epoustoufflée par ce film... Merci à toi d eme faire découvrir le cinéma :)

Commentaire n°1 posté par HélèneM le 10/01/2012 à 14h48

Ouais je préfère toujours la deuxième, elle est plus puissante et plus "logique".

Réponse de Sebmagic le 10/01/2012 à 17h06

ça fout la trouille

Commentaire n°2 posté par appartement nice le 13/01/2012 à 08h30

oui

Réponse de Sebmagic le 13/01/2012 à 12h40

Bravo pour cette analyse autour de Take Shelter que j'ai découvert cette semaine (et que j'ai adoré !). Je partage assez votre avis (Il s'agissait bien d'une prémoniation); Un détail m'a marqué tout au long du film : j'ai eu l'impression qu'à chaque fois qu'un homme était présenté, le réalisateur se débrouillait systématiquement pour nous montrer ses mains et l'alliance qu'il potait.. Comme si tous les personnages masculins du film étaient des hommes mariés. Il faudrait que je revois Take Shelter pour vérifier à 100% mais je ne crois pas me tromper. J'avoue que je m'interroge toujours sur cette symbolique ! Avez-vous fait la même remarque ? 

 

Commentaire n°3 posté par Cédric le 14/01/2012 à 18h53

Non j'ai pas du tout remarqué ça ! Et si c'est le cas je ne vois pas trop ce que ça peut bien signifier.

Réponse de Sebmagic le 14/01/2012 à 20h06

Désolé, tu as beau bien te défendre, je reste plus sur la première explication. Je ne rejette absolument pas le côté fantastique du film, mais pour moi, même si on considère que les rêves de Curtis sont prémonitoires, le film reste une allégorie d'une maladie mentale. Effectivement il y a des choses qui peuvent faire dire que la dernière scène n'est pas un rêve, mais elle reste pour moi métaphorique, et montre que la maladie va définitivement emporter Curtis et sa famille Elle en est à un stade où l'imaginaire se confond avec la réalité. C'est peut-être parce que je bosse dans le milieu médical que cette interprétation me touche plus, mais je la trouve plus forte que d'accepter une explication surréaliste. Et cela n'enlève rien à l'émotion ou à la force du personnage de Curtis, puisque lui croit en ça (donc indirectement c'est comme si c'était réel). Après la double interprétation est une constante d'un film fantastique (s'il veut parfaitement coller à la définition du genre), et si Nichols avait voulu donner une explication claire il n'aurait pas fait cette double fin (sortie de l'abri sans tempête, puis apparition de la tempête) mais en aurait choisit une seule.

Commentaire n°4 posté par Squizzz le 14/01/2012 à 20h18

Oui c'est sûr, mais pour moi au départ cette fin n'était pas à double sens, il a fallu que quelqu'un me dise qu'il pensait toujours à la folie pour que j'envisage ça. Ca m'a même surpris parce que je me suis dit "euh pour moi la fin était pourtant claire"...

 

M'enfin chacun se fait son opinion, mais je soutiens qu'avec la première fin, les regards entre les deux personnages et la dimension dramatique de la fin du film tombent pratiquement à l'eau (c'est seulement mon ressenti). Reste juste le côté effrayant du "retour de la folie", mais c'est tout (en tout cas pour moi !).

Réponse de Sebmagic le 14/01/2012 à 20h29

Non ça ne tombe pas à l'eau car la maladie est en quelque sorte la fin de leur monde. Ca revient au même d'un point de vue émotionnel

Commentaire n°5 posté par Squizzz le 14/01/2012 à 20h32

Oui c'est vrai, mais chez moi l'émotion vient surtout du fait que Sam est surprise et émue de voir que son mari avait raison, et encore plus fort : que Curtis lui-même est surpris de ne pas être fou. M'enfin les deux points de vue se tiennent, je suis un peu partagé entre les deux (disons à 20/80).

Réponse de Sebmagic le 14/01/2012 à 23h10

Après second visionnage au ciné (Anaïs était d'accord avec moi pour dire que tu nous places trop près de l'écran :P) et bien je reste plus convaincue que jamais que la fin n'est pas un rêve, mais la concrétisation de ses visions.

PS : J'ai reçu Melancholia ce matin :D

Commentaire n°6 posté par HélèneM le 25/01/2012 à 19h36

Ah tu l'as reçu ? Ca donne aussi bien qu'au ciné ?

 

Sinon ça va le 6e rang c'est pas la mort au ciné :D Perso quand je suis trop loin j'ai pas l'impression d'être dedans, surtout quand on voit les gens devant...

Réponse de Sebmagic le 25/01/2012 à 20h05

Ben j'ai pas regardé encore. On le fera pdt tes vacances :P 

Commentaire n°7 posté par HélèneM le 25/01/2012 à 20h56

Ah oui j'avais lu "j'ai revu Melancholia".

Réponse de Sebmagic le 25/01/2012 à 22h09

Y  a qqu'un qui a posté ca sur allociné.

je trouve ca assez pertinent !

 

je tiens juste à préciser ,pour la fin, que certains semblent avoir compris a tord ou au pied de la lettre) ! mon interprétation n'est pas celle d'un homme prophète . La fin est, pour moi, encore un de ses rêves. On peut remarquer qu'il n'y a personne sur la plage à part le père et sa fille, puis sa femme .Bizarrd pour un lieu touristique (comme on pourrait le comprendre tout au lonf du film lorsque la mère s'extasie devant des brochures)comme dans tout ses cauchemars(ou il se retrouve SEUL avec un protagoniste clairement identifié).La seule différence et que celui-ci n'est pas angoissé , il réalise que sa femme lui tend la main, et que contrairement a la plupart , elle est la pour l'aider a sortir de cette paranoia.Enfin c'est ce que j'ai ressenti , et meme si ce n'est pas le cas, encore une fois , il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre et savoir prendre un peu de recul.J'ai trouvé ce film excellent , d'un rytme lent mais magnifique , , ici on s'en fou de la fin du monde, c'est la fin d'un homme .

Commentaire n°8 posté par dams le 28/01/2012 à 23h20

Ouais m'enfin après chacun son interprétation, je trouve pas que la vision "prophète" soit plus au pied de la lettre que l'autre, m'enfin elle est plus évidente dans le sens où la scène finale n'a pas grand chose à voir avec les rêves de Curtis pendant le film.

Réponse de Sebmagic le 28/01/2012 à 23h39

J'avais bien pris soin de ne pas lire ton analyse avant de voir le film et l'ayant regardé ce soir, j'ai pu me rattraper. Et je peux d'ores et déjà dire que j'ai interprété la fin exactement de la même façon que toi. A savoir qu'il s'agit effectivement de la réalité et qu'il n'est pas fou. Je ne vais pas reprendre tous tes arguments car ils sont parfaitement clairs et valables mais rien que les regards de Curtis et Sam lors de la séquence finale confirment cette interprétation selon moi. Emotionnellement c'est très fort effectivement et ça donne une autre dimension à tout ce qu'on a pu voir jusque là. Bref, un excellent film ! Et pourtant j'avoue que la première partie ne m'avait pas franchement emballée mais par la suite, le film monte en puissance et termine de façon grandiose je trouve.

PS: Très bel article en tout cas, ce n'est jamais évident d'arriver à exprimer ce qu'on a pu ressentir devant un film

Commentaire n°9 posté par Wolvy128 le 02/02/2012 à 01h20

Merci, et content qu'on pense la même chose de ce final (mais si j'étais pas allé trainer sur les forums d'Allociné je me serais pas penché autant sur cette fin qui me paraissait pourtant logique).

Réponse de Sebmagic le 02/02/2012 à 01h35

Il est extrêment rare que je commente un article d'un blog sur lequel je tombe par hasard au grès des recherches de notre cher "ami" Google.. 

Mais ton article, ton analyse.. cette construction, ce souci du détail et cette finesse dans le découpage filmique.. tout ces éléments m'ont enchanté. Tu as exprimé tout les sentiments que j'ai pu avoir en visionnant le film. Et je trouve cela formidable, au travers de ton article j'ai revécu le film intégralement. 

Je te félicite pour cet article magistralement rédigé. 

 

Commentaire n°10 posté par Anonymous le 02/02/2012 à 23h59

Eh bien merci beaucoup, ça fait plaisir ! Et content surtout que t'aies aimé Take Shelter, mais difficile de détester ce film.

Réponse de Sebmagic le 03/02/2012 à 00h20

Hello,

(oups je viens de comprendre comment on pouvait poster desolé pour le message privé du coup!)

Je viens de voir Take Shelter et de lire ta critique, j'ai pas pu poster de commentaires donc je passe par ce biais.

Deja merci, ce blog à l'air trés sympa je vais le regarder davantage et ta critique de Take Shelter est trés agréable à lire.

Je reste cependant plutot adepte de la première théorie que tu as évoqué, c'est à dire que Curtis a bien un problème mental. (meme si toutes les interprétations sont acceptables.)
 
La symbolique de la tempete représente en effet la maladie mais pas seulement, elle signifie aussi le combat, la lutte, l'eloignement et le dereglement de la vie familiale et amicale de Curtis.
Shannah (l'enfant sourd et muet qu'il faut protéger dans les délires de curtis) est à chaque fois l'element qui repère la tempete, dans les reves de Curtis. (et ce comme tu l'as souligné dans ton propos meme pendant cette incoyable scene finale).

Curtis en vient egalement à chaque fois à provoquer ce qu'il craint dans ses reves. Je m'explique, dans le premier reve son chien devient fou et lui mord le bras. Dans la réalité Curtis va alors tout faire pour s'en débarasser bien que ce chien ait l'air inoffensif, d'abord en le mettant dehors puis au final en l'offrant à son frère.

Meme chose pour son meilleur ami, qui semble etre quelqu'un de tres important pour lui qu'il veut d'abord protéger (cf scene dans la voiture ou ils boivent des bieres) puis il le rejette en le faisant changer d'equipe.

Aprés le troisieme reve, celui ou Sam semble prendre le couteau pour le tuer, on à l'impression que la meme chose va se produire, mais Sam va lui donner par son amour la confiance et la force  nécéssaire pour ouvrir la porte de l'abri et se rendre compte qu'il ne s'est rien produit d'alarmant (qq branches d'arbres tombé dans le jardin, rien à voir avec la puissance dramatique de ses hallucinations.)
C'est alors le premier pas vers l'acceptation, la maladie est bel et bien présente, elle n'est pas guéri, mais curtis l'accepte un petit peu.

Vient alors l'avant-derniere scene, celle ou le couple est chez le psychiatre (pour la premiere fois il y va) et celui-ci explique que Curtis va devoir etre interné au moins pendant un temps, on sent alors la crainte de Curtis de devoir affronter cet eloignement familial, qui lui fait tant peur.

Enfin derniere scene, donc un autre reve de curtis, pour moi, avec toujours le meme element déclencheur shannah qui voit la tempete, la seule différence c'est qu'ici curtis est plus serein, il  voit la tempete se tourne vers sa femme, et celle ci ne représente plus une menace, au contraire, elle recoit ces gouttes huileuses et terminent par un Ok éloquent. Son reve traduit alors que la tempete est bien la (la maladie, l'eloignement ce qu'il a toujours redouté) mais que sa femme est à ses cotés pour le soutenir et l'aider car elle aussi voit la tempete qui est dans la tete de son mari et qui par voie de conséquence pèse sur sa famille.
ON PEUT PRESQUE DIRE QUE C'EST UN REVE DE GUERISON OU BIEN DE VOLONTE DE GUERISON.
Bon voila, je pense que de toute maniere Jeff Nichols joue trés bien avec cette double lecture du film, moi aussi au début j'ai pensé que curtis avait vu juste et qu'il n'etait pas fou, mais aprés reflexions je penche quand meme pour l'interprétation de sa folie mentale ce qui n'enleve en rien tout ce que tu as expliqué sur la solidité et l'amour de ce couple.
Bref Excellent Film.
Merci à toi pour ton blog,

Thomas.

Commentaire n°11 posté par thomas le 07/02/2012 à 17h51

Merci pour ce message, c'est une excellente théorie que j'aime beaucoup effectivement, même si pour moi les regards échangés à la fin sont plus puissants avec la deuxième théorie, mais tout prend son sens de ce côté aussi et a le mérite d'éviter la fin trop "fantastique" qui déplait à certains (mais qui ne me pose pas de problème).

Réponse de Sebmagic le 07/02/2012 à 17h57

A la fin du film, j'ai pensé directement aux deux options.

La deuxième est la plus 'happy end', dans le sens où on est content pour Curtis qu'il ne soit pas fou. Ca soulage car son angoisse nous à été transmise durant tout le film. Cette fin nous apaise car Curtis est un brave gars qui ne mérite pas cette folie. Il ne mérite pas cette injustice.

Mais je pense que c'est la plus décevente artistiquement parlant, car alors, cette introspection dans la maldie mentale est fausse. Ca gache, à mons sens, toute l'histoire, toutes les émotions et la gravité de la situation.Ce ne serait dès lors qu'un film fantastique, une banale histoire sur la fin du monde.

Oui, Curtis est malade et ce film nous raconte comment il à basculé dans la folie, et qu'il n'en guérira pas.

Commentaire n°12 posté par Greensize le 15/02/2012 à 01h37

C'est marrant parce que pour ma part, c'est au contraire la première qui gâche les émotions. Question de ressenti, de toutes façons les deux points de vue sont très forts.

Réponse de Sebmagic le 15/02/2012 à 02h12

Totalement d'accord.C'est clairement pour moi ton deuxieme point de vue.Le premier c'est vraiment aller cherché des trucs qui n'existe pas,avis perso.

Pour moi il n'est clairement pas fou,on commence a avoir un apercu pendant la "petite tempete" qu'ils les amènent dans l'abris ou on se dit que en fait il n'est peu etre pas si fou que ca,avant de retomber dans sa paranoia pendant la magnifique scene entre lui et sa femme juste avant la sortie de l'abris.

Pour moi la tornade evoque  sa speudo maladie,tout le long du film,qui nous fait croire qu'il est fou,elle est uniquement dans sa tete,donc on se dit qu'il est completement taré.

jusqu'a la fin,ou on s'apercoi que ce n'est pas une maladie mais bien une premonition,et ou on est vraiment degouté car l'abris n'est plus là,un peu a cause comme tu l'as bien dit,qu'il s'est mis lui meme en question en acceptant sa speudo maladie,ou tout le monde croit qu'il est fou,est au final l'eloigne dans "sa mission"proteger sa famille.

On a encore un petit apercu quand sa fille "sens " quelques choses lorqu elle court vers la route.

 

Vraiment une grande reussite,la scene du repas ou il petent un cable,l'abris et celle de la fin sont vraiment des bijoux,films du debut d'année sans contexte pour moi

Commentaire n°13 posté par yvan le 04/03/2012 à 16h01

Ouais pareil, je retiens aussi ces 3 scènes très magnifiques, même si tout le film est une vraie beauté. C'est surtout le jeu des acteurs qui m'a scié.

Réponse de Sebmagic le 04/03/2012 à 16h24

ELles se ressemblent quand même vachement Jessica Chastain et Bryce Dallas Howard.

http://img24.imageshack.us/img24/7796/brycedallashoward.jpg

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTG07PJdEc2iISb_HhpXnLZLmyfIs8PDOCzU2t6jhnsCjL628LzN2litH5hZg

Comme les deux mecs dont tu parles dans la critique de Frozen là c'est DINGUE. Des jumeaux quoi ! J'suis choquée.

Commentaire n°14 posté par anais le 10/03/2012 à 00h10

Ouais elles se ressemblent assez, perso je les distingue quand même très bien mais c'est vrai que ça peut porter à confusion.

Réponse de Sebmagic le 10/03/2012 à 00h44

Non mais c'est obligé elles ont un lien de parenté. Née toutes les deux en mars 1980, Jessica Chastain c'est le nom de jeune fille de sa mère, son vrai nom c'est Howard, nées en californie, deux rousses qui se ressemblent, elles jouent dans le même film denièrement (la couleur des sentiments)... Y a des clones dans l'air moi je dis.

Bon j'arrête avec mes commentaires de merde. Dodo.

Commentaire n°15 posté par anais le 10/03/2012 à 00h17

Ben c'est possible, j'en sais rien !

Réponse de Sebmagic le 10/03/2012 à 00h46

Je pollue une dernière fois ton blog parce qu'en regardant des photos de elles deux je suis tombée sur un site de ressemblances de stars. Bon les 3/4 c'est de la merde y a aucune ressemblance, ou alors c'est la photo spécifiquement (meme maquillage pour les meufs) qui fait un peeeeetit détail commun, ou alors on connait pas l'autre, c'eest un acteur turc ...

 

Mais y a 2 ou 3 trucs frappants...

Bon bah elles, normal : http://files.myopera.com/celebfan/albums/6921892/Keira%20Knightley%20ve%20Natalie%20Portman.jpg

Elles, j'y avais jamais pensé mais effectivement :http://images.cheezburger.com/completestore/2010/12/30/27ff0345-8fbf-493e-b79a-43afad147481.jpg

 

Et sinon j'me suis bien marré pour certains...

http://29.media.tumblr.com/tumblr_litf09qG5R1qzls2xo1_500.jpg pas trop dur Haha !

http://totallylookslike.files.wordpress.com/2010/07/7bbc842c-aae4-4640-a44b-4c3bf4f6cb22.jpg :D

http://files.myopera.com/celebfan/albums/6921892/Jaime_Murray_Keanu_Reeves.jpg hahahah "coucou je ressemble à un mec / meuf"

Et pour finir, j'ai éclaté de rire parce que j'ai cliqué sur "Jean Reno", intriguée parce que je me suis dit "non non jean reno il ressemble à personne, ça doit etre pourri leur truc encore..." et j'm'attendais absoluemnt pas à ça : http://files.myopera.com/celebfan/albums/6921892/Michael_Emerson_Jean_Reno.jpg

Commentaire n°16 posté par anais le 10/03/2012 à 00h51

Ouais bien marrant ! Ils abusent pour Keanu Reeves ^^

 

Et Benjamin Linus haha, c'est juste les lunettes quoi.

 

Sinon dans le même genre y'a un truc qui m'a fait marrer récemment :

http://www.telerama.fr/cinema/et-si-nicolas-cage-etait-un-vampire,73002.php

Réponse de Sebmagic le 10/03/2012 à 00h57

Ce film... je me suis ENFIIIIIIIIIIIIN décidée à le voir (hier soir en fait, à l'heure où j'écris ces lignes) parce que tu étais tellement enjoué à son propos, bien que nos gouts en matière de films soient radicalement différents (ton affection pour Malick et Shyamallan entre autre >__<, encore Shyamallan, il y a certains films qui ne me laissent pas de marbre, mais Malick, c'est viscéral, ce qu'il fait me répugne, m'enfin là n'est pas le sujet >__<...), mais une telle passion ne faisait que me donner une envie folle de le découvrir (tout comme the Tree of life, mais pour celui-là, je n'ai absolument pas accroché, c'était beau certes, mais NON >__<).

J'avoue que tout le début du film, j'ai eu du mal, notamment à propos du personnage de Curtis: dans ma famille, j'ai également une personne souffrant de schizophrénie (donc malgré tout je comprend ses peurs et ses doutes) et j'avoue avoir encore du mal (disons que ce mal se traduit par une sorte de malaise, d'impression de déjà vu, d'ailleurs, un film sur la schizophrénie que je peux te conseiller, c'est "The Living and the Dead", c'est pas un film de zombi, donc si tu cherches et que tu tombes sur des articles avec des cadavres ambulants vomissant du sang à outrance, bah cherche encore ^^)à voir des films qui traitent de ce problème... non en fait je n'ai pas seulement du mal, je hais viscéralement les individus qui cherchent à résoudrent leur problèmes seuls (pourtant je sais que cette haine n'est pas vraiment justifiée et complètement égoïste), alors qu'autour d'eux se trouvent des personnes sur qui il peuvent compter, parce que ils ont soit peur de les blesser, de les effrayer, ou autre, voir même, dans les pires des cas, parce qu'ils ont peur des autres, les obligeant à se renfermer encore et encore, créant un cocon de plus en plus épais (...à vraie dire, je suis exactement pareil, je ne demande jamais de l'aide, et ça doit être le fait de voir des personnes qui me ressemblent autant à l'écran qui me répugne, enfin bref... >__<)...

Je me perds dans des élucubrations futiles, tout ça pour décrire mon ressentiment au début du visionnage de ce film. Et aussi, tout ça pour dire que la façon dont était traité le personnage de Curtis m'a amené à cette conclusion: il n'est PAS fou. 

(Petite parenthèse pour préciser que malgré ce que j'ai dis au dessus, j'ai vraiment aimé le film ^^)

Tout comme toi je partage l'idée la deuxième explication: pour moi, Curtis n'a pas hérité de la schizophrénie de sa mère (d'autant que devenir schizophrène à son tour parce qu'un parent l'a été n'est pas systématique), au contraire. Sachant que cette maladie est héréditaire, il a pour moi développé une peur incontrôlable qui a commencé à le rendre parano, l'obligeant à agir de manière incohérentes parfois aux yeux du monde pour se protéger, et surtout pour protéger les siens (les protéger physiquement avec l'abris, et moralement avec les psy). Il sait qu'il peut devenir dangereux, mais il avait aussi au fond de lui cette certitude qu'une grande catastrophe allait se produire, intensifiant de plus belle ses craintes, ce qui rend le film d'autant plus humain.

Puisqu'il s'agit d'un film fantastique, ça me paraissait être l'issue la plus logique et qui n'avait nullement besoin d'artifices supplémentaires comme de penser que tout le film n'est qu'un délire permanent d'un homme malade. Ce n'est définitivement pas Shutter Island, d'ailleurs les deux films ne partagent que le sujet de la schizophrénie à vraie dire, ainsi que la fin sans artifice et claire que beaucoup peuvent chercher à explorer en profondeur.

C'est vrai qu'on peut facilement approuver la théorie de la folie, notamment à cause des rêves qu'il fait et du fait que sa mère soit elle aussi "folle" (je déteste ce mot...), mais si j'avais eu cette idée en tête en voyant la fin, les frissons que j'ai ressentis en voyant ce gigantesque nuage arriver sur eux (je me rapelle plus du ras de marée par contre, je suis déçue par moi-même, ça aurait été encore plus impressionant pourtant si je l'avais vu, tellement j'étais obnubilée par ce nua... cette montagne oui!! <__<) ne seraient pas apparus, et comme tu l'as dit, la dimension drammatique aurait fait un sacré bide: à ce moment, Curtis vit en paix, accepte en quelque sorte l'éventualité qu'il soit malade et profite de sa famille, il oublie enfin cette maudite tempête (on peut dire qu'on assiste à une situation de "calme avant la tempête" en fait =D ). Mais au fond, on sait qu'il n'a pas construit son abris sur un simple coup de tête, sa peur était réelle.

D'ailleurs, l'un de ses rêves m'amène à penser qu'il  possède une sorte de don qui légitime entièrement toutes ses craintes mais aussi la situation réelle et apocalyptique de la fin: lorsqu'il est dans sa maison avec sa fille, un individu cherche à pénétrer chez lui avec violence, avec la tempête en activité à l'extérieur. Curtis panique, cherche à protéger son enfant et ses meubles s'envolent avant de retomber aussitôt. D'après mes souvenirs, il s'agit du seul rêve de Curtis ayant un caractère vraiment "fantastique" (l'envol d'oiseaux est tout à fait plausible, après un nuage de bestioles de cette importance, je l'ignore >__<), et c'est pour moi cette scène qui donne toute sa crédibilité à Curtis, et justifiant ainsi le fait qu'il n'est pas fou, mais qu'il possède une sorte de pouvoir qu'il ne connait pas encore, mais qu'il sera amené à utiliser une fois que la tempête sera arrivée. A partir du moment où la famille est à la plage et voit l'horreur naturelle arriver sous leurs yeux, pour moi il était impensable d'imaginer que la peur de Curtis étaient infondée, bien au contraire.

 

Enfin bref, j'ai écris un véritable pavé, mais comme ce film est encore tout frais dans mon esprit, il fallait que j'évacue au plus vite mon ressenti. Pardon de polluer >__<'

En tout cas, Take Shelter est un film qui reste à voir =), et je te remercie pour ta passion que tu partages avec autant d'entrain ^^

Commentaire n°17 posté par Chouchanna le 17/03/2012 à 16h46

Je ne vais pas vraiment répondre parce que j'ai pas grand chose à en redire En tout cas ça fait plusieurs choses que tu hais ou qui te répugnent, ça par contre j'ai un peu de mal à le comprendre !

Réponse de Sebmagic le 17/03/2012 à 17h24

Bonjour ! J'ai découvert ton blog il y a peu, grâce à Take Shelter pour tout te dire, puisque je ne voulais pas et ne pouvais pas sortir de ce film. Il fallait que je reste dedans, que je lise les avis des autres. C'est vrai que ce film m'a totalement habité et est vaiment génial ! En fait, moi je n'étais pas vraiment décidée sur quelle opinion avoir par rapport à la fin du film, mais bon, avec ton argument des fenêtres, c'est vrai que le réalisateur veut nous dire que Curtis n'est pas fou. Enfin bref, depuis, j'harpente ton blog, et je voulais vraiment te remercier pour ce que tu fais et ce que tu écris ! C'est un peu idiot de dire ça et commun mais nos gouts sont assez proches et c'est très agréable de lire tes critiques, et de découvrir des films dont je n'aurais jamais pensé les regarder. 

Enfin tout ça pour dire, désolée pour le pavé, mais c'était vraiment dans un but de remerciement, que je me demandais pourquoi la comédie était absente de ton blog. Je sais, la comédie ne nous fait pas voyager et partir dans un autre monde comme les drames ou films catastrophes mais bon, il y en a quand même qui valent le détour (500 jours ensembles par exemple que j'ai beaucoup aimé ou toute la comédie alternative des USA). Je voulais donc savoir si c'était parce que tu n'aimais pas que tu ne critiquais que peu de ces films ou tout simplement parce que tu ne les regardait pas. (J'avoue, c'est une question déguisée parce que en fait vu que tu critique troooop bien on aimerait bien savoir aussi quels films droles et légers regarder sans que ce soit culcul nian nian et inintéressant). 

 

Voilà ! Bonne soirée en ce Samedi soir !

Commentaire n°18 posté par Juliette le 17/03/2012 à 19h50

Salut !

 

Concernant les comédies, j'en regarde quand même quelques unes pour me détendre et j'ai fait plusieurs critiques ici, même s'il y en a assez peu c'est vrai. Généralement c'est parce que je n'ai pas grand chose d'intéressant à dire dessus, ou parce que j'ai la flemme d'en parler. Critiquer un film comique, je trouve ça assez difficile en plus, j'ai peur de ne faire que débiter les répliques et scènes qui m'ont fait marrer sans rien n'y ajouter d'intéressant.

 

Merci pour le commentaire en tout cas !

Réponse de Sebmagic le 17/03/2012 à 23h37

Je dis souvent que je "hais" les choses, alors qu'en fait je fais juste ma bougonne et qu'au fond, j'apprécie les choses, un peu comme Eastwood dans Gran Torino: j'suis déjà une grande blasée de la vie difficile à cerner >__< (c'est ptèt pour ça que pas beaucoup de gens m'apprécient >_>)

Commentaire n°19 posté par Chouchanna le 17/03/2012 à 21h35

Haha d'accord je comprends mieux !

Réponse de Sebmagic le 17/03/2012 à 23h37

Salut, ce qui va suivre va vous sembler totalement à côté de la plaque, mais voilà, la première chose que je me suis dit à la fin du film était :

"c'est elle la folle !"

Je sais, ça ne tient pas debout et ça fouterait tout le scénario précédent à la poubelle. Ou tout du moins ça voudrait dire que tout ce qui précède n'aurait été qu'une projection de sa folie sur son mari...

Qu'est-ce qui me fait penser ça ? Eh bien dans la dernière scène les rôles s'inversent : le type (je suis incabable de retenir les noms de fiction) a l'air étonnemment lucide, et c'est lui qui protège la petite. Il la tient dans ses bras. Tandis que la mère paraît complètement pommée et c'est elle qui voit les gouttes tomber sur sa main. Quand ils se disent OK, j'ai eu l'impression qu'il lui disait "cette fois t'a vraiment perdu les pédales" et elle lui répond "oui cette fois c'est bon...".

Sur le moment, et les secondes qui ont suivies, je ne voyais aucune autre explication. Il était même impensable que ce soit réel.

Voilà, même si maintenant je crois que ta deuxième opinion est la plus vraisemblable, je continue a être intrigué par cette pluie "d'huile de moteur". ça me semble pas coller...

Voilà, bonne soirée !

Commentaire n°20 posté par Loïc le 08/04/2012 à 23h59

J'avais pas du tout pensé à ça ! Assez amusante comme théorie même si c'est vrai que le reste du film n'est pas centré sur elle.

Réponse de Sebmagic le 09/04/2012 à 04h16

Je crois que tu as réussi à rendre ce film plus beau encore qu'il ne l'est avec tes mots. J'ai frissonné :)

Une chose m'échappe (et ce n'est pas une question d'interprétation sur la fin du film): Curtis fait ses rêves dans un contexte "régional", çàd autour de sa maison. Alors pourquoi la tempête apparait-elle à des kilomètres et des kilomètres de chez lui? Bien sûr, ça augmente tout le drame, mais ne faut-il pas y voir un tout petit bémol dans la cohérence? (une tempête, aussi gigantesque soit-elle, ne va pas causer de dégâts à des centaines de kilomètres à la ronde, et donc tout l'entourage de Curtis - pas seulement sa famille, mais surtout les autres personnages que l'on voit dans le film ne traverseront pas cette tempête. Curtis a raison oui, mais "d'une certaine manière". Les guillemets sont volontaires et en aucun cas il faut les enlever. Ils sont là pour figurer le léger problème de compréhension qui me taraude, mais qui n'enlèvent rien à la fin d'une pure merveille),

Commentaire n°21 posté par enerwin le 01/05/2012 à 00h12

En fait, selon moi à la fin du film (à moins que quelque chose m'ait échappé), ils ne sont pas extrêmement loin de chez eux. Ce n'est qu'une supposition, mais mon avis est que leur "plage de vacances" est peut-être dans leur région à quelques kilomètres de leur maison, suffisamment loin pour qu'ils aient besoin d'une habitation sur place, mais suffisamment près pour que la tempête (supposée très violente au vu des images finales et du discours de Curtis) englobe une bonne partie de leur région.

 

Après ce ne sont que des suppositions et des détails...

Réponse de Sebmagic le 01/05/2012 à 01h29

Je viens de visionner ce film magnifique, sublimé à mon sens par la musique qui rend l'ensemble incroyablement dense et cohérent. Je suis tombé par hasard sur ce site en recherchant des explications sur la scène de fin qui pouvait faire l'objet de plusieurs lectures.
J'ai lu avec grand plaisir et intérêt toutes les explications données par les uns et les autres qui permettent de jeter un éclairage différent en fonction des points de vue.
Et pourtant, au visionnage du film, mon ressenti immédiat sur la scène de fin est différent des avis exprimés. Certes ma "théorie" est beaucoup plus sombre, mais c'est l'idée qui m'est tout de suite venue à l'esprit : Curtis est bien fou et, pire, a finalement entraîné sa fille et sa femme dans son délire qui à la fin partagent la même vision. Cette "communion" dans la folie trouve sa source dans la force du délire de Curtis qui devient comme maladie contagieuse.... ou paradoxalement dans la force de l'amour qui unit cette famille !

Quelle que soit la lecture qu'on en fasse, ce film est pour moi une véritable réussite et un moment rare de cinéma : encore merci de cette analyse qui m'a ouvert des portes que je n'avais même pas entrevues.

Commentaire n°22 posté par Radar Loukoum le 16/05/2012 à 23h23

Ton interprétation se tient également, enfin ça se discute mais j'y avais pensé légèrement aussi, même si je n'y crois pas !

Réponse de Sebmagic le 16/05/2012 à 23h33

bonsoir,

je viens de voir le film et j'ai ete submerge...

j'avais besoin de lire des critiques constructives, c'etait un plaisir de vous lire en tout cas.merci

J'ai mis ton blog en favoris car j'ai beaucoup (mais vraiment beaucoup) aime ta critique.

J'ai hate de lire un film que tu n'a pas du tout aimé.

 

Commentaire n°23 posté par crecre le 23/05/2012 à 00h29

Je critique ici peu de films que je n'ai pas aimés, je préfère écrire des articles sur les films qui m'ont conquis. Mais merci !

Réponse de Sebmagic le 23/05/2012 à 01h22

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