Mardi 8 mai 2012 2 08 /05 /Mai /2012 14:37

          Il existe des films qu'il est impossible de transposer par écrit, et Stay fait partie de ces rares expériences exclusivement réservées au cinéma. C'est-à-dire qu'une bonne partie de sa trame et de sa construction sont dépendantes de la mise en scène et du montage. Le scénario assez simple intrigue dès le départ : un homme dépressif annonce à son psy qu'il va se suicider 3 jours plus tard. Celui-ci va tout faire pour en connaître les raisons et essayer de l'en empêcher, mais va faire des rencontres pour le moins étranges.

 

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            Le film s'amuse à perdre le spectateur pendant 90 minutes en le menant sur de fausses pistes. J'ai eu beau me creuser la tête pendant le film, envisager diverses possibilités (même les plus bateaux), j'étais à 100 lieues de deviner la fin qui explique tout de façon magnifique. Au fur et à mesure qu'on suit cette histoire, on a l'impression que la fin va être décevante et qu'elle ne pourra pas répondre à toutes ces questions en même temps, un peu comme dans Lost. Et pourtant, elle le fait, et bien. Le dénouement du film, magnifique twist final, nous offre en plus de l'émotion en rafale. J'étais sur le cul devant l'intelligence du scénario, même si j'étais également déconcerté par les zones obscures que le film me laissait encore. Je n'ai vu Stay qu'une seule fois, donc je n'ai pas encore assimilé tous les détails, mais il est clair que c'est certainement un film à voir 3 ou 4 fois. Certaines scènes doivent prendre une puissance énorme au deuxième visonnage, comme la scène où Henry Letham se retrouve dans un club de strip-tease et se voit sur les écrans du fond en pleurant. Une scène qui, retrospectivement, est magnifique et un peu déprimante. Ryan Gosling porte pratiquement le film sur ses épaules en dépressif mystérieux, mais ne fait pas d'ombre à Ewan McGregor ni à Naomi Watts qui excellent respectivement dans leurs rôles, comme à leur habitude. Stay, qui porte extrêmement bien son nom même si on ne le cerne pas immédiatement, n'est pas seulement un bijou scénaristique.


stay 2           C'est également un bijou de mise en scène et d'ambiance. Certaines scènes sont visuellement tellement belles que je me demande encore comment un réalisateur peut avoir de si bonnes idées. Les gens qui n'ont pas aimé le film (ou pire : qui le critiquent parce qu'ils ne l'ont pas compris) qualifient souvent cette mise en scène de prétentieuse. J'ai beau me torturer l'esprit, je ne comprends pas comment on peut utiliser cet adjectif pour qualifier le travail d'un cinéaste. "Prétentieux" signifierait que le réalisateur aime utiliser tous ces talents et ses idées pour "montrer tout ce qu'il sait faire". Et alors ? N'est-ce pas l'un de leurs buts ? Si je vais au cinéma, c'est en partie pour admirer tout le savoir-faire de certains artistes comme Lars von Trier ou Terrence Malick qui sont souvent les cibles de ce genre de critiques. Pourtant mince : s'ils savent manier la caméra et s'ils ont de brillantes idées de réalisation, je veux évidemment voir tout ça, et pas me taper une mise en scène banale sous prétexte que ça fait plus modeste. D'autant qu'ici, cette mise en scène et le brillant montage (très impressionnant) sert totalement le bon déroulement du film. Mais passons. Stay offre des transitions fluides entre les scènes grâce à des artifices visuels magnifiques et brillants (comme de ceux qu'on a pu voir ensuite dans Mr Nobody). La fin du film, notamment, dispose d'un montage excellent, afin de donner à cette histoire toute sa dimension émotionnelle. Le film a également une atmosphère efficace, à la fois sombre et poétique, renforcée par les personnages troublés et troublants que j'ai adoré suivre pendant 1h40.


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              Bref, ce film est pour moi l'un des plus gros chefs d'oeuvre de la décennie 2000-2010, brillant et sublime. Je ne comprends pas les mauvaises critiques de la presse ni la réception moyenne du public. Stay fait partie des films qu'il est agréable de voir et de revoir sans se lasser (j'ai eu immédiatement envie de le relancer quand je l'ai fini), et qui gagne probablement en puissance et en émotion au fur et à mesure des visionnages. Un futur film culte, si vous voulez mon avis.








Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Le meilleur du Cinéma
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 17:20

          Rien à dire... C'est certainement l'un des plus beaux films de guerre jamais créés : des images puissantes, accompagnées d'une BO poignante, servant un propos intelligent, servies par un casting de taré, et réalisées par un cinéaste de génie. Ce film est un incroyable assemblage de qualités qui laisse bouche bée.

 

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            Deuxième film que je vois de Terrence Malick (avec The Tree of Life) et deuxième grande claque. Quand je vois ça, je me dis que la rareté du réalisateur est une chose regrettable pour le cinéma. La Ligne Rouge, comme tous les bons films de guerre, utilise des images brillantes au profit d'un propos touchant et percutant. Par l'intermédiaire d'une voix off qui rappelle celle de The Tree of Life, Terrence Malick fait réfléchir le spectateur sur l'intérêt de la guerre, sur le sens de la vie, sur la place de l'homme dans ce monde, et j'en passe. Je me souviens qu'avant, j'avais beaucoup de mal avec les films de guerre (ou plutôt des à-priori très négatifs parce que je n'en avais pas vu des masses). Mais ces dernières années j'ai enchaîné Full Metal Jacket, Les Sentiers de la Gloire, Apocalypse Now, Voyage au bout de l'enfer et La Ligne Rouge, et je ne peux que constater mon erreur d'avoir mal jugé un genre cinématographique aussi riche et intéressant. Je n'ai pas grand chose à dire sur La Ligne Rouge tant ce film semble parfait, réfléchi et extrêmement précis sous tous ses aspects. Il n'y a rien à enlever ni à ajouter, chaque chose est là pour une bonne raison et je ne peux qu'être impressionné par le perfectionnisme du bonhomme.


thin red line           Malick filme la guerre de la façon la plus sublime qui soit, à l'aide de travellings somptueux et d'une caméra proche du sol qui nous donne l'impression de ramper aux côtés des soldats dans les hautes herbes et permet au cinéaste de faire du thème de la nature un sujet omniprésent (comme dans The Tree of Life). L'affiche du film résume entièrement son propos en nous montrant des hommes cachés, aux regards à la fois désespérés et à l'affût. Pour un film de guerre, il s'installe assez lentement (je veux dire que le premier coup de feu arrive assez tard alors qu'on est au coeur de la guerre dès le début) mais je n'ai fait que savourer pendant 3 heures qui passent à une grande rapidité. Toute la première heure est pleine de tension, nous présentant des personnages très variés. La diversité des personnalités des soldats et la qualité du casting sont à se sortir les yeux de la tête. Chaque personnage a une réaction différente face à la guerre, et chacun est représenté par un grand acteur, on peut dire qu'en terme de "All Star Movie" ce film bat des records. Sean Penn est excellent, au même titre que Ben Chaplin qui sert de personnage principal à la dernière partie du film. Adrien Brody est extrêmement touchant en soldat horrifié par ce qu'il voit, son regard est purement déprimant et il sait bien le faire. Jim Caviezel, le "déserteur" nous montre un soldat qui se sent bien loin de ce monde terrible et sa dernière scène est mémorable. Nick Nolte joue le Lieutenant strict et autoritaire qui aboie des ordres sans en comprendre les enjeux, sacrifiant ses soldats comme des pions sur un échiquier. Elias Koteas est certainement l'un des personnages les plus passionnants (la scène lors de laquelle il contredit son supérieur trois fois de suite est sensationnelle), tandis que Woody Harrelson nous offre une scène des plus cultes (la scène de la goupille, complètement triste et surprenante). Et puis à côté on a plusieurs apparitions de John Cusack, Miranda Otto, Nick Stahl, John Travolta, Jared Leto, Thomas Jane, John Savage, John C.Reilly, George Clooney et j'en passe, oui rien que ça !


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              On pourrait penser que cet étalage de stars n'est là que pour faire beau, car un casting ne fait pas un film (souvenons-nous... Astérix aux Jeux Olympiques...), mais même pas. Chacun d'entre eux est impliqué dans son rôle (même les simples acteurs "clin d'oeil"), ce qui donne un film monstrueux. A côté de ça, la réalisation est dantesque, alternant les flashbacks sublimes et poétiques à la Tree of Life et les fusillades poignantes qui prennent aux tripes. A titre d'exemple : l'attaque du village japonais une heure avant la fin du film, qui est pour moi la meilleure scène du film et certainement l'une des meilleures scènes de guerre jamais tournées. La virtuosité de la caméra nous fait vivre cet assaut tragique et émouvant, assourdissant nos oreilles avec l'une des plus belles oeuvres de Hans Zimmer, j'ai nommé The Journey of the Line, tout en nous montrant que le camp "ennemi" est tout aussi désemparé et choqué par cette guerre. Les plans centrés sur les japonais en détresse sont à pleurer et toute la séquence est un immense morceau de génie. Tout en adoucissant le ton du film, la voix off ("Etais-tu aimé de tous ? ... Sache que je l'étais aussi") ne cesse de nous faire réfléchir sur la condition de ces soldats et sur l'absurdité de la "haine contre l'ennemi" par des hommes qui se contentent de tuer sans savoir qui ils tuent réellement. Certains personnages, bouleversants, en perdront leur esprit. Désolé je n'ai trouvé cette scène qu'en VF :


 


 
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               Bref, une oeuvre magistrale, poignante, visuellement superbe qui m'incite à découvrir encore plus ce mystérieux Malick.








Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Le meilleur du Cinéma
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Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 14:27

          Excellent film de Pål Sletaune, réalisateur que je découvre en même temps que ce film. Que ça fait du bien de retourner au cinéma ! J'y suis allé principalement pour Noomi Rapace qui m'avait énormément bluffé dans Millenium (eh merde je m'étais juré de ne pas parler de ce film dans cet article (quelle banalité), mais comment oublier sa sublime interprétation ?), et évidemment pour le scénario qui me paraissait alléchant.

 

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             Résultat, j'ai été agréablement pris dans cette intrigue "puzzle" qui m'a passionné de bout en bout. Babycall est un film réunissant plusieurs intrigues, la trame principale étant assez stressante tandis que les histoires secondaires jouent sur l'émotion et la tendresse. L'histoire principale est très intrigante et file parfois des frissons dans le dos (les bruits qu'Anna entend dans le baby-phone sont vraiment flippants). Elle joue beaucoup sur l'ambiguité entre la folie et la réalité, différence qui n'est jamais très claire tout au long du film, même après le dénouement. Le réalisateur aime brouiller les pistes et nous mener dans divers chemins pour finalement nous perdre totalement (ou presque). Rien que pour ça, le film mérite d'être vu parce que le spectateur est toujours entrain de réfléchir : est-elle folle ? Ce gamin au regard terrifiant est-il réel ? Quel est ce lac ? A la fin du film, on tente difficilement de recoller les morceaux mais ce n'est pas si simple, car le film enfonce trop de portes mystères. C'est à mon goût le défaut de Babycall, qui se perd lui-même dans son propos et propose des semblants de réponses qui paraissent incohérents (une vague histoire de fantômes ou d'hallucinations collectives qui alimente l'angoisse mais soulève d'autres questions). La réussite du film est de parvenir à nous faire croire qu'il a un sens et que le scénario est nickel. C'est en tout cas ce que je me suis dit en sortant de la salle.


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           Bref, à part ce dénouement un peu étrange, qui laisse un goût amer de "facilité" et de banalité (force est d'admettre que le twist m'a quand même surpris !), le film est magnifique. Noomi Rapace porte l'essentiel de l'intrigue sur ses épaules et s'avère être une actrice hallucinante. Elle est très crédible en femme fragile à la limite de la folie, et il est difficile de ne pas s'attendrir pour elle. La relation mère/fils est sublime et ne fait que mettre en valeur un amour maternel pur (mais torturé). Le film est également très sensible, pourtant la musique est pratiquement absente du film, dont l'atmosphère est très froide et grise. Sensible au travers de Helge, le personnage de Kristoffer Joner qui livre également une prestation brillante (il est très expressif et poignant). La relation entre Helge et Anna est émouvante : deux âmes un peu perdues et mélancoliques se rencontrent et se parlent de façon naturelle. Les discussions entre les deux personnages sont touchantes, car ces personnages solitaires sont en détresse et trouvent en l'autre un appui. J'ai beaucoup aimé ces deux protagonistes, j'ai ri avec eux et j'ai été ému avec eux, ce qui est vraiment une qualité énorme du film.


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          En bref, Babycall a quelques défauts, essentiellement sa fin qui mérite d'être plus claire (j'attendais vraiment une explication géniale et finalement ça tombe un peu à plat). Cependant, il est superbe et je me suis laissé porter par cette intrigue avec grand plaisir. Le film m'a permit de redécouvrir l'une des actrices les plus prometteuses du moment, et de retenter l'expérience du cinéma scandinave après Morse qui m'avait légèrement déçu. Un film froid qui contient néanmoins son lot de sentiments agréables.








Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Critiques
Griffonner une Bafouille - Voir les 1 Bafouilles
Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 00:53

          J'avais vraiment peur d'aller voir ce film ; peur d'être déçu et de me retrouver face à un film plat, sans originalité ni saveur. Et pourtant, c'est exactement le contraire. Francis Ford Coppola nous sort encore une magnifique petite oeuvre d'1h30 qu'il est nécessaire de voir plusieurs fois pour bien comprendre. En tout cas ça faisait plus de 3 mois que je n'étais pas allé au cinéma et ça fait plaisir.

 

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             Je ne l'ai vu qu'une fois donc mon ressenti sera uniquement basé sur ce visionnage, mais franchement je m'attendais à bien pire, surtout au vu du casting. Twixt, contrairement aux apparences, est finalement bien loin d'être un film de vampires. C'est une histoire complexe, parfois difficile à suivre car elle se base sur un principe de tiroirs superposés qui rendent l'intrigue assez floue. Enfin, je dis "l'intrigue", mais je pense que je devrais plutôt dire "les intrigues", car le film traite d'au moins 3 intrigues différentes. On a l'intrigue "principale" : celle de l'écrivain (Val Kilmer) inspiré par la ville qu'il vient de découvrir et les événements qui s'y trament (intrigue qui contient plusieurs intrigues secondaires, mais toutefois importantes à savoir les meurtres qui se produisent dans la bourgade et le passé de l'écrivain/sa fille), l'intrigue "romanesque" : c'est le sujet du nouveau livre de Hall Baltimore, et enfin l'intrigue "fantastique" qui est vécue par Baltimore au travers de plusieurs rêves. Toutes les intrigues sont reliées entre elles, certaines se superposent même, mais je ne vais pas tenter d'expliquer ce film (d'autant que je ne l'ai pas entièrement compris). Toujours est-il que l'ambiance du film est très particulière, notamment au niveau des rêves de l'écrivain. Une ambiance très sombre, très vampiresque qui met parfois mal à l'aise. Coppola nous offre des séquences qu'il n'est pas coutumier de voir au cinéma, rien que par le traitement des couleurs qui s'approche d'un noir et blanc bleuté, de la photographie hallucinante (les premières images dans la forêt sont éblouissantes), et enfin de l'ambiance dérangeante et malsaine qui en découle.

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             A de nombreuses reprises, Twixt m'a fait penser à du David Lynch, mêlé à un poil de Lars von Trier pour certaines images et à beaucoup de Tim Burton (Sweeney Todd/Sleepy Hollow). Voyez l'ambiance. L'effet Lynch est très présent (les rideaux rouges dans le premier rêve, la trame à tiroirs très énigmatique, le rapport au fantastique et au diable, etc.). Au niveau du scénario et de la musique (BO qui est trop discrète à mon goût et aurait vraiment mérité de décoller à certains moments), Twixt souffre un peu de la comparaison avec des films comme Mulholland Drive (même si l'idée de la tour à 7 horloges entraînant des espaces-temps différents est plutôt bonne), mais au niveau des images, le film est une beauté (rappellant également Sin City par moments - cf le passage où Flamingo se déplace à moto, ou encore les bribes de couleurs vives au milieu du noir et blanc). Qui plus est, le film traite de nombreux thèmes assez amusants ; l'intrigue avec Edgar Allan Poe est intéressante - même si parfois incompréhensible - et installe une sorte de mise en abyme. En plus de l'ambiance parfois glauque et angoissante, le film se permet quelques moments d'humour bienvenus, comme le passage où Hall Baltimore, complètement bourré, tente d'écrire la première phrase de son roman (hilarant).

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           Bref, Twixt regorge d'excellentes idées, d'un casting vraiment très correct (Bruce Dern en flic déjanté, Val Kilmer qui m'a surpris là où je ne l'attendais pas, et enfin Elle Fanning qui rayonne et effraie un peu) et d'une photographie irréprochable, mais à la fin on ne peut que se dire "WHAT ?!", parce que l'intrigue est tellement floue qu'on s'y perd, ce qui donne une conclusion assez déroutante et presque frustrante. Sans oublier certaines scènes assez moyennes (la ridicule partie de Ouija en est un parfait exemple). Excellent film donc, mais est-il mémorable ? Le temps le dira, mais je ne suis pas sûr.


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Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Cinéastes et passionnés
Griffonner une Bafouille - Voir les 1 Bafouilles
Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 17:36

           Loin d'être ma trilogie préférée, je dois admettre que cette saga est prenante et représente pour moi l'un des meilleurs pavés d'action réalisés récemment. Une sacrée histoire avec un scénario parfait, un personnage principal en béton et de l'adrénalyne. Même si, contrairement à la tendance générale (visiblement), je préfère d'abord La Mémoire dans la Peau, puis La Mort dans la Peau, puis La Vengeance dans la Peau, ils sont pour moi tous les 3 d'excellents films bourrés de qualités.

 

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                Les atouts de la trilogie


                Pourquoi cette saga est-elle si efficace ? Plusieurs ingrédients font de cette "Trilogie dans la Peau" une aventure prenante et originale. Tout d'abord, le personnage principal en lui-même, magistralement joué par Matt Damon (qui, avec Will Hunting, a montré de quoi il était capable).


bourne identity                Jason Bourne est un personnage atypique et attachant, parce qu'il ne sait absolument pas qui il est, ayant perdu la mémoire suite à une balle dans la tête. Ce qui fait la force du film et du personnage, c'est que Bourne est un personnage voué à la solitude. Les seules personnes qui connaissent les détails de sa vie sont les mêmes qui ont voulu le tuer et qui cherchent toujours à le tuer. Ainsi, il est obligé de découvrir la vérité par lui-même, en fouillant son passé à partir des très minces indices mis à sa disposition. Qui plus est, comme le spectateur découvre tout en même temps que Jason Bourne, on est concentrés sur les maigres informations afin de débrouissailler ce mystère avec lui. En plus, le scénario est fait de telle façon qu'on n'a aucun coup d'avance sur Jason Bourne (on ne sait pratiquement jamais rien avant lui), alors que lui a souvent un coup d'avance sur nous concernant ses méthodes de recherche et de combat (entraînant de grosses surprises assez jouissives). C'est à mon avis ce système qui fait la plus grande force de la saga. L'attention est d'autant plus canalisée que le scénario est parfois compliqué à suivre.


              Néanmoins, la solitude de Jason Bourne est également son avantage. Il agit seul mais n'a besoin de personne pour l'aider, ceci grâce à son passé de "machine à tuer" dont il a gardé tous les savoirs. Ainsi, même s'il ne comprend pas vraiment comment, il est capable de choses complètement folles, de façon quasiment innée. Je pense même qu'on peut ici employer le mot "inné", puisqu'après sa perte de mémoire il démarre une autre vie. Jason Bourne est donc un gros taré qui agit comme s'il connaissait par coeur tout ce qu'il doit faire. C'est ce qui fait encore la puissance de la saga : comme il est poursuivi activement et constamment, le personnage opère toujours en totale improvisation et doit réfléchir tout le temps, le cerveau en ébullition. Mais ses capacités intellectuelles, ses réflexes et sa débrouillardise en font un héros terriblement efficace, agissant extrêmement rapidement et de façon instinctive, comme si ses gestes peu banals étaient pour lui des habitudes quotidiennes, comme mettre son café au micro-ondes. Peu de films nous présentent de tels personnages de façon aussi réaliste (seul "Arrête-moi si tu peux" me vient à l'esprit).
bourne supremacy 2             Et ce réalisme vient non seulement du caractère du personnage, mais aussi de la mise en scène brillante. Le montage rapide et efficace offre des scènes d'une tension et d'un suspense hallucinants, comme les diverses courses-poursuites à travers les pays. Certaines scènes sont hautement improbables mais passent comme des lettres à la poste, car le personnage principal est tellement doué et imparable que ses actes en deviennent crédibles. Et la crédibilité vient du fait qu'à aucun moment de la trilogie on ne sait quel entraînement il a subi pour devenir aussi polyvalent : capable de se battre avec n'importe quel objet (même un magazine), de parler au moins 5 langues couramment, de réagir vite et silencieusement, etc. Bref, toutes ces compétences liées aux montages et aux rythmes des films (qui donnent l'étrange impression que l'histoire se tourne en temps réel alors qu'elle s'étend sur 3 ans) en font des thrillers haletants et fluides qui m'ont franchement attiré. Le seul réel défaut de réalisation est l'omniprésence de la caméra à la main. C'est certes une initiative nécessaire pour marquer la rapidité de la trame et des combats, mais l'image en souffre parfois.





               La mémoire dans la peau - ( The Bourne Identity - 2002 )

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              Pour moi, ce premier volet est le meilleur des trois. Même s'il est également le moins spectaculaire en terme de dégâts, il est également le plus prenant scénaristiquement parlant, parce qu'on découvre le personnage pour la première fois et qu'il intrigue. Le film démarre directement et l'évolution du personnage et du scénario sont époustouflants. A partir des très minces indices qu'il possède, il va utiliser son intelligence et des capacités qu'il ne connait pas encore. Il combat de façon naturelle (scènes extrêmement bien filmées), ou relève tous les numéros de plaque d'immatriculation par automatisme et se demande vraiment quel genre de personne il était avant. Si on ne comprend pas grand chose au début du film, les choses s'éclairent petit à petit et rendent le tout extrêmement stimulant et dynamique. Matt Damon, qui n'est pas l'acteur le plus expressif qui soit, trouve néanmoins ici un rôle en or. Autre élément positif du film : Franka Potente qui est une actrice assez peu visible sur grand écran malheureusement. L'héroïne de Lola Rennt est une actrice que j'adore et c'est vraiment dommage qu'on ne la voit pas plus souvent. Son personnage met du piment et offre un tandem intéressant, puisque c'est le seul personnage à qui Jason Bourne peut se confier et faire confiance. Il est dommage qu'on n'en sache pas plus sur le passé de Marie, qui ressemble finalement un peu à Bourne (solitaire et sans attache). Le "mauvais" personnage de ce film est joué par Clive Owen, qui était à l'époque encore assez peu connu. C'est un adversaire peut-être un peu moins charismatique que Karl Urban (du deuxième volet), mais tout aussi efficace.


bourne identity 2                    Le succès de La Mémoire dans la Peau, en plus du scénario bien mené, réside indiscutablement dans la mise en scène. Doug Liman fait preuve d'une grande virtuosité derrière la caméra qui donne un rythme effréné à la trame du film, celui-ci n'en devenant que plus puissant et énergique. C'est grâce à ce bon maniement de la caméra et des prises de vue que le premier volet de la saga se démarque de ses suites, je trouve en effet Paul Greengrass en dessous pour les deux suivants. Ici, les combats sont parfaitement bien filmés, de manière propre et concise, montrant toutes les capacités du personnage principal et de ses assaillants, tout en nous faisant entrer progressivement dans ce monde très privé des services spéciaux. Le rythme essoufflé est parfois adouci grâce à des scènes plus sensibles, le scénario s'attardant discrètement sur la relation obligatoire entre Marie et Jason. En résumé, même si le film est parfois difficile à suivre et qu'il ne faut pas le regarder en faisant autre chose, il représente pour moi une bonne petite référence en terme d'action.





               La mort dans la peau - ( The Bourne Supremacy - 2004 )

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                Changement de réalisateur pour ce deuxième volet, qui signifie également une légère baisse de qualité de la mise en scène. Cependant, elle n'en reste pas moins diablement efficace et on ne peut pas dire que c'est une suite ratée. On retrouve Jason Bourne dans sa quête d'identité passionnante, avec un montage rapide et précis qui donne un rythme époustouflant au film. Je trouve La Mort dans la Peau un poil en dessous de son prédécesseur car certaines scènes (notamment les scènes de combat) sont tellement rapides qu'elles en deviennent assez mal filmées. Pourtant, le scénario est toujours au rendez-vous et le personnage principal explore son passé à la recherche de souvenirs, tout aussi curieux et avide que le spectateur qui découvre tout en même temps que lui. Comme je le disais plus haut, c'est ce qui fait une des forces de la saga : le spectateur n'a aucun coup d'avance sur Bourne (ou presque). Franka Potente est toujours aussi géniale et la disparition subite de son personnage est vraiment inattendu et génial, la trame ne cessant de surprendre le spectateur (la façon dont Bourne repère Pam Landy est fascinante d'inventivité).


bourne supremacy            Mais Jason Bourne n'est efficace que s'il agit seul, et c'est seul qu'on le retrouve pendant le plus gros du film. Cet épisode est lourd en révélations, avec des dialogues percutants, malgré quelques détails scénaritiques compliqués. Le film offre des scènes d'une tension et d'un suspense hallucinants, comme la course-poursuite en taxi à Moscou à la fin du film, sublimement orchestrée. Cette séquence est peut-être l'une des meilleures du film car elle un peu grosse mais jamais ridicule (effet que certains réalisateurs ne parviennent pas à rendre). Le nouvel adversaire de Bourne est donc joué par Karl Urban, qui fait un très bon boulot et dont le personnage parvient à rivaliser avec Jason Bourne. C'est encore un détail très positif de la saga : le héros n'est pas exactement identifié à un "super-héros exceptionnel", puisqu'on découvre qu'il existe des tas de personnages ayant les mêmes capacités que lui. Quant à la compagnie du héros, exit donc Franka Potente, c'est l'actrice Julia Stiles qui prend la relève (encore une actrice qui peine à sortir mais qui pourrait bien exploser au ciné) et apporte son lot de révélations à l'intrigue. Le film offre également une scène d'émotion extrêmement touchante (lors de laquelle Bourne va voir la fille de ses anciennes victimes pour tout lui expliquer), servie par une musique de qualité, qui montre que cette saga à priori "bien formatée" et rapide laisse également place à l'émotion. Effectivement, l'émotion et les baisses de tension sont rares et quand elles arrivent, on savoure. La conclusion du film sur fond de Moby est littéralement jouissive, d'autant que Extreme Ways est l'une des musiques les plus planantes qui soient. Le dénouement de La Mort dans la Peau est riche en révélations et signe déjà le début de la paix pour Jason Bourne (oula, faut que je me relise parce que "Jason Burne" ça le fait moyen).





               La vengeance dans la peau - ( The Bourne Ultimatum - 2007 )

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                 Enfin vu le dernier volet de la saga, dont le DVD traînait dans le placard depuis presque deux ans (si ce n'est plus). L'intelligence du scénario est encore au rendez-vus, puisqu'on n'a pas exactement affaire à une "suite". En effet, La Vengeance dans la Peau surprend beaucoup lorsqu'au beau milieu du film, on revoit la dernière scène de La Mort dans la Peau, montrant ainsi que la première moitié du film ne suit pas la chronologie. C'est une chose qui n'avait jamais été fait dans toute l'histoire des suites de film, je pense, et c'est vraiment bien pensé. Outre cette belle astuce scénaristique, le film dirigé encore par Paul Greengrass est plus ou moins du même niveau que le précédent, car les nouveaux défauts et les nouvelles qualités se compensent. On peut ajouter à la liste des "nouveaux défauts" une intrigue parfois un peu trop compliquée, même pour les spectateurs ayant bien suivi les deux volets précédents. Autre détail fâcheux : la mise en scène perd encore en qualité. La caméra à la main est parfois très agaçante et son omniprésence nous empêche parfois de souffler, et l'enquête qui tourne autour de Bourne est un peu trop clichée et classique dans sa construction. Enfin, le personnage de Matt Damon perd à mon goût en saveur depuis le premier volet. A présent, Jason Bourne est bien conscient de ses capacités hors normes et semble un peu exagérer la chose et réalisant des prouesses vraiment "trop" exceptionnelles. C'est un peu l'effet John McClane, mais en beaucoup moins raté que Die Hard 4. Cependant, le tout est toujours aussi réaliste et le film regorge d'idées sublimes qui, en plus de surprendre les adversaires du héros, surprennent également les spectateurs. C'est-à-dire que le personnage principal a toujours un coup d'avance sur ses ennemis, mais également sur nous.


bourne ultimatum              A mettre dans les points (très) positifs : le retour de Julia Stiles qui a un personnage à double tranchant toujours aussi intéressant. L'opposition entre Pamela Landy et Noah Vosen est également plaisante à suivre (même si le film insiste parfois trop dessus, ce qui implique des longueurs évidentes). Mais surtout, toutes les révélations de la fin de la saga, qui permettent de mieux comprendre l'histoire de Jason Bourne. Cependant, j'ai eu un arrière-goût un peu amer concernant la fin de cette histoire. En effet, on connait maintenant les origines de Jason Bourne (via une scène puissante que je ne vais pas révéler ici), mais la question qui suit est inévitable : qu'en est-il de David Web ? Le personnage de Matt Damon a eu finalement "trois vies" différentes. La troisième est celle de l'après perte de mémoire qui fait l'objet de toute la saga. La deuxième est celle de Jason Bourne version 1, "l'après-David Web" qui est dévoilée tout au long du film. Mais il subsiste la première vie du personnage, celle qui m'intrigue énormément mais ne voit aucune réponse. Il me parait pourtant indispensable de savoir ce qui a poussé David Web à lâcher toute sa précédente vie pour devenir quelqu'un d'autre, et c'est justement ce qui ne nous est jamais révélé. Légèrement dommage car je suis du coup inévitablement resté sur ma faim. Autre détail : il nous est suggéré un instant que Nicky était importante dans la vie sentimentale de Jason Bourne (avant sa perte de mémoire), mais ce petit mystère qui semble faire souffrir Nicky n'est jamais élucidé ou réglé. Cependant, le film est brillant et fort en émotion, et achève la saga sans grosse déception de ma part, d'autant que La Vengeance dans la Peau se conclut encore sur Extreme Ways de Moby, qui me file des frissons.






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                 Pour conclure, cette saga n'est clairement pas parfaite et il subsiste des défauts évidents de mise en scène, ainsi que deux ou trois longueurs (assez rares cependant), mais la trilogie est efficace et extrêmement divertissante en terme d'action et de trame scénaristique. Une belle aventure qu'il est bon d'avoir vu.






Par Sebmagic - Publié dans : Critiques de films - Communauté : Les Cinéphiles Associés
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