11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 16:27

          Merci pour tous vos commentaires super gentils, qui m'encouragent à continuer d'écrire sur ce blog. Certains me demandent quand reviendront les articles et je réponds toujours de façon vague car je suis à chaque fois incapable de vous répondre.

 

          Mais là je vais quand même vous l'avouer : j'ai cru que la motivation reviendrait, que l'envie reviendrait et que le temps reviendrait, car il faut que ces 3 choses soient là pour continuer à écrire ici. Si le temps commence à revenir petit à petit, l'envie et la motivation semblent, elles, avoir presque disparu. Les habitués ont dû s'en rendre compte : il y a 2 ans j'écrivais ici toutes les semaines, il y a 3 ans j'écrivais tous les jours. Et depuis avril 2013 (il y a donc plus d'un an), je n'ai rédigé que 8 articles ; uniquement sur des films qui m'ont vraiment donné quelque chose de surpuissant. Qu'on soit bien clairs, ma passion pour le cinéma est intacte, elle grandit même constamment. C'est la rédaction d'articles qui ne m'intéresse plus. Des milliers de blogs pullulent sur le net et vous vous passerez donc certainement de celui-ci avec facilité ! Je ne le supprimerai pas, bien sûr, il contient toutes mes émotions, tous mes avis et j'en suis parfois satisfait. Je continuerai seulement à mettre à jour mon top 250 (qui avec les années se transformera en top 1000, c'est mon objectif à terme).

 

          Bref, il y a cependant un truc que je voudrais ne pas perdre : c'est la discussion avec les internautes autour du cinéma. Pour ceci, plusieurs moyens :

 

         1) Vous pouvez continuer à me laisser des commentaires, j'y répondrai évidemment toujours.

 

         2) Si vous voulez une discussion plus poussée, n'hésitez pas à m'écrire via le bouton "Contact" qui se trouve sur la droite. Je réponds toujours, sauf aux pubs et autres messages groupés. Si je ne vous réponds pas, c'est probablement à cause d'un bug : parfois, Over-blog me signale que j'ai un message dans ma boîte mail, et je ne le trouve pas ! Comble du comble : je n'ai absolument aucune information sur la personne ayant cherché à me contacter. Ni mail, ni rien. La nouvelle plateforme n'est pas encore optimale.

 

        3) Si vous voulez discuter avec moi et plein d'autres internautes passionnés cinéphiles, vous pouvez vous rendre sur Vodkaster qui est actuellement en pleine évolution. Je me permets de faire de la "pub" à ce site parce qu'il alimente constamment ma passion pour le cinéma et me rend chaque jour plus cinéphile que le précédent. C'est une sorte de réseau social sur le cinéma, avec des débats animés, des micro-critiques de 140 caractères (format qui me convient beaucoup mieux à présent). Qui plus est, Vodkaster est dans une optique de partage (d'idées, de goûts, de tout) et est un site à l'écoute de ses membres, très professionnel. Je n'aime pas dénigrer, mais ça fait quelques années que j'ai abandonné Allociné pour Vodkaster et j'en suis ravi. Meilleure écoute, meilleures intentions, meilleur boulot, meilleure évolution, meilleure transmission de passion. Meilleur tout. Le lien vers mon profil Vodkaster.

 

          4) Si vous voulez déconner avec moi sur le cinéma ou autre chose, je me suis créé une page Twitter sur laquelle je parlerai de cinéma et de maths (mes deux domaines de prédilection). Je n'aimais pas vraiment ce réseau social, mais je m'y suis fait et je trouve ça finalement plutôt sympa, même s'il est peuplé de gamins. Vous pouvez donc venir m'y embêter, lire mes conneries, discuter de tout. Le lien vers mon compte Twitter.

 

          5) D'ici quelques mois, je compte réinstaller Skype. Je pense que ça pourrait être intéressant de discuter en temps réel avec quelques uns d'entre vous, des habitués que je commence à connaître un peu ou même des non-habitués du tout, histoire de parler cinéma, de partager des émotions, de confronter des idées.

 

 

        Bref, voilà donc les 5 moyens pour me contacter et continuer de parler cinéma avec moi. Il n'y a pas de raisons que ça se passe uniquement sur ce blog, d'autant qu'il meurt à petit feu. En attendant, continuez à aller au cinéma (même si c'est un peu pourri en ce moment) et à bientôt !

 

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 20:45

          Il me semble avoir déjà dit tout le bien que je pensais de ce film de Peter Jackson. L'une des scènes du film fait partie de mes petits chocs cinématographiques et j'avais envie d'en parler un peu aujourd'hui.

 

           Je ne m'étalerai pas, je souhaite juste partager ici ce que je ressens concernant la puissance de cette courte scène qui me remue à chaque fois. Comme la scène révèle explicitement la fin du film, vous êtes prévenus : il ne faut pas lire l'article si vous n'avez pas vu le film. Et dans ce cas, je vous conseille de le découvrir.

   

Indice Spoiler : Spoiler0 

 

harry

 

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          La scène dont je parle se situe juste avant le dénouement et signe à mon goût l'une des scènes les plus puissantes du réalisateur. La musique, le ralenti, tout est parfait.

 

          Ca se passe ici, à 1:05 et ça dure 45 secondes :

 

 


               A ce moment du film, le pédophile joué par l'excellent Stanley Tucci est légèrement mal barré car le père de Suzie a découvert qui il était réellement. En fuite, il n'a d'autre choix que d'aller à la décharge pour se débarasser du corps de la jeune fille. Le gars qui travaille là lui dit qu'il doit se dépêcher, parce qu'il va bientôt refermer le trou. La tension est forte, le suspense bien présent. Que va-t-il se passer ?


                 A cet instant, le spectateur n'attend qu'une chose, la seule chose qui puisse arriver : le tueur va forcément se faire avoir d'une quelconque façon car, merde, il serait quand même injuste qu'il puisse s'en tirer de cette façon. Il faut que le corps soit retrouvé par les parents, que l'enquête soit bouclée, pour que le deuil soit fait totalementMais non, Peter Jackson ne l'entend pas de cette oreille. Oui, la vie est injuste, et non, cette histoire sordide ne finira pas complètement pour les parents de la victime.

 

             Chaque fois qu'apparaît la scène qui démarre à 1:09 dans la vidéo ci-dessus, je ressens quelque chose de spécial qui me déprime profondément. Le changement de musique à cet instant précis est savoureux. On passe d'une musique de calme et d'amour à une composition très sombre, alors qu'on voit le meurtrier jeter au ralenti le coffre qui contient le corps de la gamine. Puis vient se superposer à cette sombre ambiance la géniale musique de Brian Eno "The Big Ship" qui faisait déjà partie de mes compositions musicales préférées avant que je voie le film. Le chef d'oeuvre sonore de Brian Eno se marie à merveille avec la scène et je me demande encore aujourd'hui comment il est possible de créer des images musicales aussi magnifiques. 

 

             Alors que la musique démarre, le tueur se met en retrait et sort de l'écran et on comprend immédiatement que c'est la fin. Le sublime ralenti sur la chute du coffre est à mon goût une merveille sur tous les points. L'objet tombe lentement, rien ne peut maintenant le retenir. Il s'enfonce dans la vase et la scène globale me retourne les entrailles à chaque fois. Elle s'allie superbement avec la montée en puissance de "The Big Ship" et l'image est très forte. Personne ne saura jamais ce qu'est devenu le corps de Suzie. Il faudra vivre avec. Elle reposera à jamais au fond d'une fosse remplie de merde et personne ne suspectera jamais sa présence sous terre. Un pur moment de déprime made in Peter Jackson, qui est parallèlement mis en beauté par le fantôme de Suzie embrassant enfin son amoureux. Le parallèle fait entre les deux scènes donne, grâce au montage parfait, un effet déprime/joie assez vertigineux.

 

            Je pourrais regarder ce coffre tomber des milliers de fois, sombrant inéluctablement, sans jamais m'en lasser. Il n'y a pas de mot, c'est à en pleurer.

                 

 






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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 17:38

        Ce blog n'a pas bénéficié d'une grande attention de ma part cette année. Cependant, je n'ai jamais autant sollicité les salles de cinéma et les DVD qu'en 2013. Comme tous les ans, je vais donc faire un petit récapitulatif des films qui m'ont le plus marqué dans l'année, toutes dates de sortie confondues. Que vous le vouliez ou non, je considère ces films comme des petites merveilles.

 

              En 2013, j'ai découvert 264 films dont 50 au cinéma. Si je compte les films que j'avais déjà vus avant, ça m'a certainement fait une moyenne d'environ un film par jour. Et que de belles découvertes ! Ceux qui me connaissent savent mon amour pour les maths et, donc, mon penchant pour les statistiques inutiles. Sur les 264 films, j'ai donné une moyenne de 3,37/5 avec moins de 20% en-dessous de 2,5/5. Autant dire que je me suis bien débrouillé pour sélectionner les films qui allaient me plaire, et j'espère continuer ainsi. 

 

               Si vraiment ça vous passionne (ce dont je ne doute absolument pas ! hum...), vous pouvez cliquer ici pour les détails.

 

             Parmi ces films, environ 60 ont atteint une note supérieure ou égale à 4,5/5 (dont 21 sortis en 2013 au cinéma, une proportion que je ne m'explique pas encore totalement) et, même si certaines notes vous paraîtront sûrement discutables, j'ai décidé de présenter dans cet article mon classement de ces 60 films. Il est extrêmement difficile de classer 60 films d'époques différentes, de sujets différents, de styles différents. Il faut donc considérer que ce classement fonctionne ainsi :

 

                - De 1 à 10 : Les films qui m'ont profondément marqué

                - De 11 à 30 : Les films qui m'ont profondément enchanté

                - De 31 à 60 : Les films qui m'ont profondément plu


 

 

 

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    1. Before Sunrise (1995)



         Enorme coup de coeur de 2013, rarement un film n'a aussi bien compris l'amour. J'ai découvert Before Sunrise, dont je n'avais pas entendu parler avant, parce que Before Midnight est sorti au cinéma en 2013. Même si je n'étais pas convaincu que cette trilogie pourrait me passionner, le concept de tourner un film tous les 9 ans pour former des épisodes de la vie d'un couple m'a intrigué. J'ai donc démarré Before Sunrise sans vraiment savoir à quoi m'attendre, et j'en suis tombé amoureux. Comment un film romantique peut-il alors être plus réussi ? Je me souviens avoir fini le film aux alentours de 2h du matin, complètement enchanté, le sourire aux lèvres, empli d'une grande nostalgie, étonné de constater que je venais de voir le film romantique dont j'avais toujours rêvé. Quelle émotion, quelle tendresse ! Voir ces deux êtres se rencontrer de façon aussi réaliste, aussi touchante... Tant de justesse au cinéma fait un bien incroyable. C'est pour des films comme ça que j'aime profondément le cinéma. De grands moments de poésie se mêlent à des discussions intéressantes que Julie Delpy et Ethan Hawke défendent avec un naturel bluffant. Je n'ai rien à dire et tant à en dire à la fois. C'est la perfection. Il faut le voir.

 
 
          2. Gravity (2013)



          Ceux qui me connaissent un minimum savent que je suis parfois obsédé par des films, hanté par des images, des musiques pendant plusieurs semaines. Gravity, c'est au-delà de ça. Ma plus grande claque de l'année sur grand écran dont j'ai eu du mal à me remettre (j'y suis allé 5 fois avec toujours un plaisir décuplé). Alfonso Cuaron, que je mettais déjà sur un piédestal après avoir vu l'hallucinant Les fils de l'Homme, m'a offert un film on ne peut plus proche de mon idéal cinématographique. La réalisation est dingue, l'ambiance finement travaillée grâce à un travail du son prodigieux, la 3D a enfin un intérêt en propulsant le spectateur directement en immersion au coeur de l'espace. Le final est une explosion d'émotion. Magnifique. La critique complète ici.
 
 

           3. Alabama Monroe (2013)



           J'ai rarement ressenti un si grand déchirement à la fin d'un film, les larmes sont venues sans prévenir, comme ça, naturellement. Alabama Monroe, film belge sorti cette année, n'est pas si connu que ça alors que c'est pour moi l'une des plus grosses surprises de 2013. L'évolution d'un couple face à la tragédie, le quotidien rempli de larmes et de regrets, l'amour passionné, à un cheveu de voler en éclats, tout ceci accompagné d'une des meilleures BO que j'ai pu entendre. Il est clair qu'en dehors des acteurs, c'est la musique qui fait le film. Du bluegrass qui donne des frissons et permet au film des envolées marquantes de nostalgie et de plaisir. Je pourrais voir ce film 100 fois sans jamais m'en lasser, une merveille.

 
 
    4. Les lumières de la ville (1931)



         Ayant encore quelques films de Chaplin à découvrir, je me suis lancé sans aucune appréhension dans Les lumières de la ville, visionnage que j'avais volontairement repoussé pour faire durer le plaisir de l'attente. Résultat, c'est probablement le film du cinéaste qui m'a le plus marqué. Comme d'habitude avec Charlie Chaplin, le film est un bijou d'humour et de poésie, de nostalgie, dont les images restent gravées. Chaque fois que je repense aux 3 dernières minutes du film, je fonds, tant le sourire et les lumières dans les yeux de Chaplin sont précieux.

 
 
          5. Django Unchained (2013)



          Tarantino, Tarantino, je t'attendais avec impatience. Le cinéaste continue ce qu'il sait faire à merveille depuis 10 ans, sans pour autant donner l'impression de faire toujours la même chose : un cinéma consacré au thème de la vengeance. Chaque film de Tarantino a une saveur qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, transformant toujours la violence en jouissance grâce à des situations démentes, des acteurs extrêmement bien dirigés et des dialogues très efficaces. Tout ceci enrobé dans un style entraînant, ultra-référencé et explosif. Le réalisateur ne fait pas dans la dentelle et s'amuse à tout déglinguer dans un joyeux bordel organisé, n'hésitant pas à se servir de l'absurde pour faire à la fois rire et frissonner. Le mec s'en fout, il balance du rap dans un western et passe d'une scène hilarante à une situation effroyable avec une grande fluidité. Et ça marche. Christoph Waltz est un petit prodige, Leonardo DiCaprio (à contre-emploi) ne cesse de m'impressionner et de confirmer qu'il flotte un bon cran au-dessus de tout le monde, les multiples clins d'oeil m'ont fait jubiler (l'apparition de Franco Nero notamment), et la BO est surpuissante. J'en redemande. Vite.
 
 

           6. Before Sunset (2004)



           Suite de Before Sunrise, où Richard Linklater reprend ses chers personnages 9 ans plus tard. Et une fois de plus, c'est l'un de mes énormes coups de coeur. J'avais été tellement emballé et enchanté par le premier opus que je n'ai pas pu m'empêcher de continuer sur ma lancée le lendemain matin. Parce qu'on n'a pas envie de quitter ces deux personnages, on aurait envie de les suivre ainsi jusqu'à leur mort, partageant leurs doutes, leurs faiblesses, leur amour, leur sensibilité. De courts moments de vie, de réflexion qui me passionnent. Le film est terriblement bien écrit, on n'a pas l'impression de "prendre les mêmes pour recommencer". Ils ont évolué, on les sent remplis de souvenirs et de regrets. Les acteurs parviennent à nous faire passer une émotion pure avec de simples mots, de simples regards, pour aboutir à une forme de nostalgie déchirante. Vraiment bouleversant.
  
 

    7. Magnolia (2000)



         J'ignore pourquoi j'ai attendu 13 ans avant de voir ce chef d'oeuvre. Paul Thomas Anderson est définitivement un réalisateur surprenant. Ce Magnolia est à la fois très abouti et très beau. On assiste à 3 heures de véritable cinéma, qui passent à une vitesse folle, où les personnages se succèdent et les histoires s'entremêlent, formant un tout fluide et immersif. L'ensemble des acteurs est de qualité, avec une mention spéciale pour Tom Cruise qui m'a énormément étonné. Ses répliques font toujours mouche et on est pendu à ses lèvres.

 
 
          8. In the mood for love (2000)



          Wong Kar-Waï apparaît deux fois dans ce classement, et ce n'est pas pour rien. Avec In the mood for love, le cinéaste montre qu'il sait mettre des images sur la nostalgie comme personne. Rarement un film n'aura aussi bien décrit la nostalgie amoureuse d'un sentiment perdu. La musique est obsédante, la mise en scène exemplaire, la lumière exquise et les acteurs somptueux. Quelle élégance !
 
 

           9. Oliver Sherman (2010)



           Quand je vois Oliver Sherman, je n'ai qu'un mot à la bouche : "Pourquoi ?". Mais pourquoi ce film n'est-il sorti que dans 9 salles en France ? Pourquoi personne ne le connait ? Pourquoi cette petite pépite de subtilité a-t-elle été si mal distribuée ? Je ne comprends pas. J'ai déjà tout dit dans l'article consacré au film.
 
 

           10. Like Crazy (2011)



           Et oui, Before Sunrise, Before Sunset, Alabama Monroe, Les lumières de la ville, In the mood for love et enfin Like Crazy. Ca fait beaucoup d'histoires d'amour dans ce top 10, mais c'est visiblement un thème qui continue de m'émouvoir au cinéma sans me lasser. Like Crazy m'a ému comme rarement, notamment grâce aux deux acteurs qui m'ont fait vibrer, et à la BO qui s'avère d'une beauté nostalgique touchante. J'ai déjà tout dit ici.

 

           11.  Conjuring (2013)



           Il s'en est fallu de peu pour que Conjuring se retrouve dans le top 10. James Wan est un sacré faiseur d'ambiances, et je pense que j'ai enfin trouvé mon réalisateur préféré concernant les films d'horreur. Je suis extrêmement difficile en matière de cinéma d'épouvante, c'est un style qui, généralement, me laisse pantois. Je n'ai jamais compris, par exemple, la fascination et l'admiration pour les grands classiques comme L'exorciste, Halloween ou Vendredi 13. Mais depuis que j'ai vu Conjuring et Insidious, j'ai enfin trouvé un style qui me plait, qui me fait jubiler. L'atmosphère du film est parfaite, à l'image de l'affiche du film, et je crois que je n'ai jamais flippé autant au cinéma. Par moments, j'ai violemment résisté pour ne pas me planquer derrière les sièges du cinéma, tant l'ambiance glaciale englobe l'ensemble de la salle. James Wan a un don incroyable pour donner l'impression au spectateur qu'une chose qu'on ne voit pas est présente. De plus, sa réalisation nous permet d'avoir le sentiment de se trouver dans la pièce avec les personnages, ce qui est extrêmement fort et donne lieu à des scènes de suspense mémorables. Qui plus est, James Wan prend un soin méticuleux pour ne jamais laisser un personnage de côté. On assiste toujours au point de vue de tout le monde et on bénéficie toujours d'une idée parfaitement claire de la situation. Bref, ce film est pour moi un chef d'oeuvre du cinéma d'horreur. N'en déplaise à tous ces lecteurs qui sauteront au plafond en lisant ceci ; c'est probablement même mon film d'épouvante préféré à ce jour. 
 
 

           12.  Le Hobbit - La désolation de Smaug (2013)



           Là encore, un film qui divise. Pourtant, je ne saisis pas totalement ce mépris qu'ont certains pour ce début de trilogie. Est-il vraiment possible d'aimer intégralement Le seigneur des anneaux tout en crachant violemment sur Le Hobbit ? Peut-être bien... Pourtant, me concernant, la surprise a encore été de taille et j'admets avoir trépigné sur mon siège comme un gamin pendant 2h30. J'ai savouré les multiples clins d'oeil à la saga, j'ai frémi en replongeant dans cet univers que j'aime tant et que Peter Jackson a su si bien retranscrire à l'écran. J'ai été envoûté par Evangeline Lilly et par son personnage à l'opposé d'Arwen (le seul bémol du film étant pour moi la naissance d'une idylle un peu étrange), j'ai été illuminé par Martin Freeman et son interprétation toujours aussi drôle qu'émouvante. J'ai frissonné devant Smaug et j'en ai pris plein les yeux et les oreilles. Comment pourrais-je ne pas en redemander encore ? C'est fabuleux.
 
 

           13.  L'aurore (1927)



           L'aurore. Ce petit chef d'oeuvre de Friedrich Wilhelm Murnau est un vrai régal à découvrir aujourd'hui. 85 ans après la sortie du film, j'ai été parfaitement touché par cette histoire d'amour peu conventionnelle. Quand l'amour, détruit par le temps, renaît aussi puissant qu'au premier jour, l'effet produit sur le spectateur est des plus charmants. En un regard, en une étreinte, Janet Gaynor et George O'Brien m'ont bouleversé.

 

           14.  A la Merveille (2013)



           La bande-annonce m'avait procuré une sensation démesurée. Le film m'a envoûté et je n'ai qu'une hâte : le revoir pour prendre le temps de contempler. Inutile de dire qu'avec A la Merveille, Terrence Malick continue de creuser l'immense gouffre qui se trouve entre ceux qui admirent et ceux qui rejettent ce genre de cinéma. Pour moi, Malick est un poète, sauf qu'au lieu de jouer avec les mots, il joue avec les images. Ce film, c'est la contemplation à l'état pur, c'est incontestablement une forme d'art qui ne ressemble à aucune autre. Seulement, pour l'apprécier, il faut se laisser emporter et je sais que ce n'est pas toujours facile. Qu'importe, lorsqu'on parvient à entrer dans le film pour le laisser nous faire briller les yeux, on ne veut plus en ressortir. Tout en continuant de déclarer sa flamme à la nature, Malick m'apaise, me trancende, me parle profondément. C'est inexplicable.
 
 
 
           15.  The place beyond the pines (2013)



           Après Blue Valentine, voilà une nouvelle collaboration entre Derek Cianfrance et Ryan Gosling qui m'a totalement emporté. Pas mal de prises de risques au niveau du scénario qui s'avèrent payantes, car on n'a pas l'habitude de voir un film construit de cette manière. La construction scénaristique est une merveille. Visuellement, le film est très beau, offrant même des plans d'une grande poésie et d'une belle nostalgie (mon dieu, je m'excuse d'utiliser ce terme sans cesse, mais que j'aime la nostalgie !) grâce à la musique de Mike PattonQuant au casting, il est d'une justesse folle. Ryan Gosling, Brad Cooper, Rose Byrne, Ray Liotta et même Eva Mendès m'ont convaincu d'un bout à l'autre. Un film dingue, d'une ambition démesurée et mené de main de maître. A voir sans savoir de quoi ça parle. Voir la critique complète.
  
 

           16.  Moon (2009)



           En matière de cinéma de science-fiction, on atteint ici un stade proche de la perfection. Moon est joliment écrit, son scénario peut embrouiller sans jamais nous perdre complètement. Sam Rockwell, seul devant la caméra pendant plus d'une heure et demie, transmet à merveille le sentiment de solitude lié au vide intersidéral. Qui plus est, Moon évite constamment les clichés et facilités qu'on pouvait s'attendre à retrouver avec un scénario pareil, ceci même si le réalisateur s'inspire clairement des codes de la SF comme 2001 ou Blade Runner. Duncan Jones croit en son film jusqu'au bout sans poser le moindre doute dans l'esprit du spectateur. Bref, Moon est un joli huis clos, parfois contemplatif et servi par une excellente BO de Clint Mansell, mais réservant aussi de sacrées surprises et une belle émotion (Kevin Spacey est vocalement grandiose). Vraiment passionnant !

   

           17.  Shotgun Stories (2007)



           J'ai galéré pour décider comment je devais placer Shotgun Stories vis-à-vis de Mud. Le réalisateur de Take Shelter, qui était (il me semble) dans mon top 3 en 2011, ne cesse de me charmer avec ses ambiances. Avec une BO nostalgique, le visage de Michael Shannon et l'atmosphère campagnarde brûlante qui annonçait déjà son brillant Take Shelter, Jeff Nichols fait des merveilles. Une fabuleuse et poignante histoire de frères au fin fond de l'Arkansas.


 
           18.  Mud - Sur les rives du Mississippi (2013)



           Comme je le disais donc, Jeff Nichols parvient à créer des ambiances qui lui sont propres, en filmant l'Amérique profonde de façon forte. Les sujets abordés dans ses films sont souvent portés par des acteurs marquants et des personnages torturés, et Mud impressionne par sa puissance. Matthew McConaughey sort enfin des sentiers battus et son interprétation s'élève parmi les plus mémorables de 2013.
 
      

           19.  Les 400 coups (1959)



           François Truffaut n'est pas un cinéaste qui m'attire spécialement. Pourtant, Les 400 coups m'a énormément marqué. Un grand film que Jean-Pierre Léaud tient presque tout seul sur ses épaules. En s'appuyant sur sa propre enfance, Truffaut signe quelque chose de nostalgique et de puissant, qui traite à la fois de l'éducation parentale et de l'éducation scolaire, avec en prime une réplique étonnamment visionnaire tout juste 10 ans avant mai 68 : "Ah elle sera belle la France dans 10 ans !". Je retiendrai autant le rôle de Léaud que celui d'Albert Rémy, extrêmement drôle et à l'aise dans son rôle avec plusieurs répliques pleines de naturel et de finesse telles que "Y'a plus beaucoup de chaussettes autour de ma paire de trous !". Bref, tous les acteurs sont fabuleux et le plan final, déprimant et mélancolique au possible, est inoubliable. 
 


           20.  Une fiancée pas comme les autres (2007)



           Film totalement méconnu, Une fiancée par comme les autres est un OVNI cinématographique qui traite d'un sujet très original, encore jamais vu au cinéma. Il me parait scandaleux de spoiler le film à ceux qui ne l'ont pas vu, je vais donc vous offrir une petite bande-annonce personnalisée... Vous appréciez Ryan Golsing ? Vous le détestez ? Qu'importe, courez voir Une fiancée pas comme les autres, vous découvrirez cet acteur comme vous ne l'avez encore jamais vu. Méconnaissable dans le rôle d'un homme sensible et un poil dérangé, il va vous faire passer par toutes les émotions. Le film, qu'il vous dérange ou vous émeuve, ne vous laissera de toutes façons pas indifférent. Alors lancez-le sans jamais en lire un seul synopsis, sans jamais en voir une seule image, et laissez-vous emporter dans cette petite curiosité remplie de surprises et de mélancolie. Si cela ne vous suffit pas, voici une plus grande critique toujours sans spoilers. Autre détail : la VF est strictement interdite, j'ai tenu 30 secondes.



           21.  Guillaume et les garçons, à table ! (2013)



          Une surprise totalement inattendue. La bande-annonce m'avait à la fois amusé et agacé, car dans le fond, à part la BO géniallissime, elle ne donnait pas spécialement envie de voir le film. Et pourtant. Je n'ai jamais autant ri au cinéma, vraiment. Ca vient peut-être du fait qu'il est rare que je me déplace en salles pour des comédies, mais je pense que je me souviendrai longtemps de mon fou rire de 10 minutes non-stop. Guillaume Galienne, que je ne connaissais que de réputation, a su réaliser un film sensible, touchant, drôle et éminemment personnel, donc totalement différent de ce que le cinéma français nous propose actuellement. Le film est donc original et décalé en plus de prendre à contrepied le spectateur avec le thème de l'homosexualité, grâce à un discours d'une intelligence rare. Bref, une petite pépite, un ravissement.
 
 
   
           22.  Le nouveau monde (2005)



           Terrence Malick, j'ai le même amour pour ton cinéma que celui que tu as pour la nature. Le nouveau monde est un film qu'il m'est impossible de décrire, car c'est une expérience sensorielle unique. Il se vit, se ressent, mais ne se raconte pas. Il est parfois extrêmement doux et agréable de se poser devant un film, et de contempler pendant plusieurs heures. Juste contempler. Un amour naissant, une nature frémissante, une poésie transcendante à travers la caméra virtuose d'un cinéaste qui ose et qui s'impose comme l'un des artistes les plus importants de cette génération. 
 

           23.  Detachment (2011)



           Adrien Brody est un cadeau pour le cinéma. Tony Kaye, un réalisateur trop discret. J'ai vu seulement 2 de ses films mais ce sont deux purs chefs d'oeuvre, deux perfections cinématographiques. Son premier film, American History X, était déjà colossal. Detachment est tout aussi parfait, avec un message tout aussi fort, portant sur le monde éducatif. Le film traite un nombre de sujets important, comme le système éducatif ou le mal-être adolescent. Mais c'est surtout un film sur un personnage bien travaillé, interprété avec brio par Adrien Brody. Cet acteur est adéquat pour ce rôle, avec son visage et son regard tristes, pleins de compassion. Qui plus est, Detachment s'avère grandiose et passionnant dans chaque sous-intrigue qu'il aborde. L'histoire entre Henry et Erica est magnifique, pleine de sensibilité et rend le personnage de Brody de plus en plus attachant et honnête. Je ne vais pas m'étendre sur ce film là où d'autres l'ont déjà mieux fait, c'est une oeuvre à savourer et à contempler sans jamais savoir à quoi s'attendre.

 

           24.  Before Midnight (2013)



           On continue cette belle aventure qui ne cesse inexorablement de gagner en magie et en nostalgie à mesure que le temps passe. 18 ans après le premier film, la première rencontre, Richard Linklater fait évoluer ses personnages avec justesse, sans lourdeurs, sans incohérences, pour livrer une oeuvre superbe sur le couple et ses effets. L'émotion est toujours au rendez-vous, les discussions toujours aussi savoureuses. Quel plaisir !
   

 
           25.  All is lost (2013)



           Le fait que Robert Redford n'ait même pas été nommé pour représenter les meilleurs acteurs aux Oscars m'attriste énormément. All is lost est un pari risqué, dans la lignée des survivals au casting limité que j'apprécie tant. L'acteur est ici seul face à la caméra et son interprétation est réellement touchante. Mais ce qui m'a le plus marqué dans All is lost, c'est le travail du son. Que ce soit la musique (plutôt discrète) comme le parti pris de ne jamais faire parler le personnage, j'ai été conquis par l'ambiance sonore du film, finement travaillée. La BO, qui tourne souvent autour du même thème, permet par ailleurs un déluge d'émotions lorsque le désespoir du personnage atteint son paroxysme. Une jolie expérience cinématographique.
 


           26.  Rencontres à Elizabethtown (2005)



           Certains s'étonneront de trouver ici encore un film romantique alors qu'il semble en apparences tout à fait banal et cliché. Je dois bien admettre que Rencontres à Elizabethtown a une construction narrative totalement classique. Mais bordel, j'ai eu le sourire aux lèvres pendant 2 heures, sans m'arrêter. J'ai rarement vu un film aussi charmant, et ce même si la présence d'Orlando Bloom ne m'inspirait aucune confiance au préalable. Est-ce de ma faute si chaque rôle de Kirsten Dunst me touche ? Plus le temps passe, et plus elle m'apparait être l'actrice la plus talentueuse et frappante de sa génération, pouvant jouer absolument tout avec un charme délectable. Bref, il n'empêche qu'en dehors de la complicité entre les deux acteurs, le film réserve des surprises et s'élève quand même bien au-dessus des comédies romantiques habituelles, abordant des sujets passionnants et touchants. On en ressort avec le sourire et une bonne humeur évidente.
 

 
           27.  Hesher (2010)



           On m'a dit "regarde-le sans savoir de quoi ça parle, laisse-toi embarquer dans le film sans même en lire un synopsis". J'ai suivi le conseil et il a porté ses fruits : quelle claque ! Pour ne pas gâcher le plaisir de la surprise, je vais simplement dire que Hesher est un film complètement déjanté avec un Joseph Gordon-Levitt méconnaissable et habité par son personnage. Génial, déglingué, poignant, méconnu : à voir !
    


           28.  Platoon (1986)



           Depuis le temps qu'on me le rabâche : "l'un des plus grands films de guerre de tous les temps !". J'avais pourtant encore des doutes, et j'ai repoussé le visionnage du film pendant quand même 2 ans. Et pourtant, Platoon est aussi réussi qu'on le dit. Un film déchirant et poignant où le spectateur est plongé au coeur de la guerre et de ses atrocités. Le casting est impressionnant et permet quelques scènes d'anthologie.
 
 
           29.  Garde à vue (1981)

 
         Un face à face mémorable entre deux monstres du cinéma français. Pourquoi n'ai-je pas vu ce film avant ? Je me le demande encore. La force de ce huis clos palpitant réside dans ses dialogues, absolument parfaits. Garde à vue est en effet un exemple d'écriture et le spectateur se prête au jeu : ces soupçons sont-ils fondés ? Michel Serrault livre une prestation parfaitement dosée et posée, parvenant à faire passer toutes les émotions de son personnage. Le film pourrait durer des heures sans qu'on ne s'ennuie.
 


           30.  Proof (2003)



           Certains vont peut-être me demander ce que peut bien foutre ce film dans le top 30. Pourtant, j'y ai mis toutes mes forces pour ne pas le placer dans le top 20. Cependant, je sais pertinemment que je ne peux pas être objectif vis-à-vis de Proof (en français "Irréfutable"). Mon passé (et mon présent) de fascination pour les mathématiques m'empêche de trouver le moindre défaut à ce film, que j'ai trouvé touchant là où d'autres vont le trouver moyen. Il m'était également impossible de ne pas faire figurer Gwyneth Paltrow dans le top 30 alors qu'elle a été pour moi une découverte non négligeable de mon 2013. A l'instar de Kirsten Dunst, cette actrice parvient à exprimer la dépression et la mélancolie de manière assez dingue, et elle ne cesse de m'épater. Dans ce film plus que dans n'importe quel autre (à part peut-être La Famille Tenenbaum), elle me touche d'un bout à l'autre. Malgré son casting fabuleux, Proof n'est malheureusement pas connu alors qu'il traite d'un sujet passionnant. Bref, je ne vais pas répéter tout le bien que j'ai déjà dit de ce film dans cet article. Attention par contre, je n'ai pas tenu plus de 10 minutes sur la VF.
 
 

 

         31.  Prisoners (2013)



           Quel malheur de ne pas pouvoir inclure Prisoners dans le top 30 ! Quoiqu'en forçant un peu, j'y serais certainement parvenu. Bref, ce film au casting solide est un véritable thriller duquel on ne ressort pas indemne. Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal offrent un face à face digne de ce nom, plein de tension, de brutalité. Le film est un brillant labyrinthe que le spectateur essaie de résoudre en même temps que les personnages, menant l'enquête à leurs côtés tout en se demandant jusqu'où le suspense pourra bien aller. Bref, un film maîtrisé de bout en bout qu'il était important de ne pas louper cette année.

 
 
         32.  Le livre d'Eli (2009)



           Je regrette déjà de ne pas l'avoir placé plus haut, mais j'imagine déjà les commentaires d'internautes outrés de le voir apparaître dans le top 60. Et pourtant, Le Livre d'Eli fait partie de mes plus grosses claques de l'année. A mi-chemin entre La Route et Mad Max, le film parvient, lui aussi, à instaurer une ambiance sombre et apocalyptique où chacun survit pour soi. En plus d'un twist final totalement inédit et savoureux - même si surréaliste - le film est parfaitement réalisé et mis en scène. Je retiendrai notamment un (faux) plan-séquence habilement tourné et jouissif, qui n'est pas sans rappeler ceux des Fils de l'Homme. Qui plus est, le casting est formidablement choisi. Denzel Washington a exactement la tête et la carrure pour ce rôle, avec cette force tranquille qu'on lui connait. Le personnage avait besoin de cet état de tranquilité et d'aisance qui lui donne une aura assez forte. Mila Kunis est plutôt surprenante et taillée pour ce rôle également, avec un personnage qui donne foi en l'humanité post-apocalyptique ; une jeune femme un peu naïve mais curieuse et avec de vraies valeurs. Quant à Gary Oldman, le talent de l'acteur veut que ça ne soit pas son meilleur rôle mais il excelle encore une fois. Impossible de ne pas sourire lorsqu'il s'apprête à ouvrir le livre, clin d'oeil à une scène culte du Cinquième Elément où la mise en scène est exactement la même. Les clins d'oeil ne manquent pas d'ailleurs, il est amusant de voir les gens de ce monde apocalyptique siffloter la BO d'Il Etait une fois en Amérique... Il ne va pas sans dire que Le Livre d'Eli a parfois des allures de western. En plus de ça, la photographie est absolument sublime et certains plans sont d'une beauté surprenante. Bref, pour moi ce film n'a pas de défauts, mis à part éventuellement le côté surréaliste (mais voulu !) de la révélation finale.
   
 

         33. The artist (2011)



           Magnifique hommage au cinéma muet, The Artist m'a énormément plu, notamment pour constater l'incroyable potentiel de Jean Dujardin. Le parcours de cet acteur est assez dingue, quand on y pense. Partir de Brice de Nice pour arriver à ce stade n'était pas chose aisée. Bref, The Artist joue subtilement et habilement avec le son et l'image pour amuser, émerveiller et émouvoir. Un final d'une belle finesse.



         34.  It's kind of a funny story (2010)



          Un adolescent dépressif est interné dans un hôpital psychatrique mais se retrouve dans la section des adultes. Le film présente des personnages qui, petit à petit, peuplent l'imaginaire du spectateur et forment une jolie petite famille au sein d'un hôpital de plus en plus confortable. Zach Galifianakis a un talent énorme pour jouer ce genre de rôles et son personnage est extrêmement attachant. En fait, toute la panoplie de personnages décalés est magnifique, rappelant un peu l'effet Vol au-dessus d'un nid de coucou. C'est également la première fois que je voyais Emma Roberts et j'ai trouvé son personnage vraiment intéressant, formant avec Keir Gilchrist un duo atypique et amusant. Bref, It's Kind of a Funny Story fait partie des films un peu fous, qui donnent le sourire et mettent de bonne humeur de façon prodigieuse.
 

 
         35.  Le monde de Charlie (2012)



           Le monde de Charlie aurait peut-être mérité d'être placé au-dessus de It's kind of a funny story, ne serait-ce que pour ses couleurs magnifiques et son ambiance chaleureuse Je pense que l'adjectif "charmant" convient parfaitement. Cependant, le scénario reste un poil classique et puis merde : des ados qui connaissent par coeur The Rocky Horror Picture Show mais qui ne connaissent pas David Bowie, c'est quoi ce délire ? Blague à part, Le Monde de Charlie effleure la perfection dans le monde de la comédie romantique. Que ce soit sur la forme comme sur le fond, le film est vraiment très original et très prenant, grâce à des personnages profonds et tenus par des acteurs extrêmement prometteurs. Ezra Miller est notamment hallucinant dans son rôle secondaire. Emma Watson m'a énormément surpris et je ne m'attendais pas à ce qu'elle puisse se défaire de l'image d'Hermione Granger aussi facilement. Quant à Logan Lerman, il interprète le rôle principal à merveille et on ressent aisément toutes les émotions du personnage du début à la fin. Son personnage est plutôt original et certaines scènes sont très efficaces. Même si tout reste un peu prévisible, les séquences accompagnées de la voix off sont excellentes et le film fait plaisir à voir.
 
 

         36.  Once (2006)



          Voilà un film qui méritait également le top 30. Malheureusement, on ne peut pas tous les y mettre. Cette espèce de "romance" (ce n'en est pas une, en tout cas on n'y retrouve aucun code de la romance) musicale fait partie des ces films qui mettent du baume au coeur et dont on ne ressort pas sans émotion. Le seul problème de Once, c'est qu'il faut absolument accrocher au style musical pour l'apprécier. Tout repose sur ce simple détail, qui n'est donc pas des moindres puisqu'un spectateur hermétique à ce genre auditif ne peut que difficilement accrocher à l'histoire. Pour ma part, j'ai adoré de bout en bout les chansons, ce qui m'a permis d'entrer immédiatemment dans l'ambiance jusqu'au final éblouissant de simplicité, sans aucun cliché. Once raconte la rencontre entre deux jeunes gens un peu paumés au coeur de Dublin, qui vont se lier grâce à la musique. Il est heureux que le film soit si court, quand même, car ça permet au rythme de ne pas s'essouffler. Peut-être qu'une demie-heure de plus aurait été de trop, la durée est à mon goût parfaite pour ce film. D'autant plus grandiose qu'il a été tourné en très peu de temps (deux semaines) et avec un budget absolument dérisoire. Le film ne souffre d'aucun stéréotype et il n'est pas difficile de s'attacher au personnage principal. L'ambiance irlandaise est succulente et la beauté de certaines séquences est vraiment marquante (tout le passage dans le studio d'enregistrement est magistral, la musique donne des frissons et le réalisme des images nous donne l'impression de faire partie de la bande). Bref, Once est un pur bonheur qui se conclut avec perfection.  
 
 

         37.  Incendies (2010)



          Denis Villeneuve apparait deux fois dans ce classement alors que je ne lui voue aucune sorte de fascination. C'est peut-être un début. Je n'imaginais pas que ce film me passionnerait à ce point. L'intérêt principal réside dans le déroulement des explications pour le spectateur et les protagonistes. Le dénouement est une merveille d'écriture, le scénario est effectivement très bien pensé et très perturbant. Même si ce n'est pas un film précurseur concernant ce genre de retournements de situations, Incendies va bien plus loin que la plupart de ses prédécesseurs avec un final impossible à anticiper. Les acteurs sont parfaits d'un bout à l'autre et le mystère est gardé intact jusqu'à la fin émouvante.



           38.  L'été meurtrier (1983)



           A voir ne serait-ce que pour l'interprétation sensuelle et sensible d'Isabelle Adjani qui incarne la naïveté à merveille. L'été meurtrier est un classique que j'ai tardé à voir mais qui m'a beaucoup marqué. Je comprends de mieux en mieux la fascination que procure cette actrice chez les gens et mes a priori à son sujet sont définitivement tombés depuis que j'ai vu David et Madame Hansen. Elle porte ici le film à elle seule et éclipse Alain Souchon, menant le film à un dénouement aussi juste que surprenant.
  
 

         39.  The American (2010)



           Je ne comprends pas. Comment se fait-il que The American remporte si peu l'adhésion des spectateurs français ? Il est rare de voir un thriller aussi original. Peut-être est-ce la lenteur qui en a déconcerté plus d'un, mais cette lenteur et la BO m'ont envoûté dès le générique et permettent au film d'imposer son ambiance et de sublimer son esthétisme. Le casting est brillant, la tension finale est magnifique. Je ne comprends pas.
 

 
        40.  Disneyland, mon vieux pays natal (2002)



           Sublime court-métrage de 45 minutes signé Arnaud des Pallières, sorti sur Arte en 2002, ce film est un petit bijou pour qui apprécie le cinéma un peu expérimental. A l'aide d'une musique adaptée et d'images obsédantes et répétitives, Disneyland est transformé en enfer. Bourré de nostalgie, de tristesse, de puissance émotionnelle, j'ai eu l'impression de voir Koyaanisqatsi à l'échelle du célèbre parc. Arnaud Des Pallières présente Disneyland comme Godfrey Reggio dépeint le monde, mettant en valeur de façon percutante et mélancolique les gens, les petits détails qu'on ne remarque pas mais qui sont bien présents. Pour voir le film, c'est par ici.
 
 
         41.  Le prénom (2011)



          Encore une fois, j'ai du mal à comprendre ceux qui démontent ce film. Actuellement, dans le cinéma français un peu populaire, je n'ai pas trouvé mieux. Le prénom a un pitch plutôt intrigant et parvient à tenir la longueur uniquement avec cette idée fabuleuse. Le film, presque sous forme de théâtre filmé, fait penser à un Festen dans le principe, ou carrément à Carnage qui m'avait beaucoup moins plu. Le panel d'acteurs est excellent et c'est bien la première fois que Patrick Bruel m'étonne et me convainc à ce point. Le prénom, c'est du rire en barre qui bascule dans un drame familial inextricable. Délicieux.

 

         42.  Philadelphia (1994)



           Philadelphia s'ouvre sur une musique inoubliable et se referme sur une musique inoubliable. Neil Young et Bruce Springsteen participent beaucoup au succès du film, même s'il n'avait pas besoin de ça pour être efficace. Ne retenir du film que Streets of Philadelphia, c'est oublier un peu vite le face à face génial entre Denzel Washington et Tom Hanks, immenses acteurs qui portent le film du début à la fin. Philadelphia est un véritable plaidoyer en faveur de la tolérance, peut-être un brin académique mais mémorable.
 


         43.  Insidious / Insidious 2 (2010/2013)



           J'ai déjà avoué tout mon amour pour James Wan et ses ambiances de malade. Dans Insidious, le cinéaste aborde un thème quasiment jamais vu au cinéma : la projection astrale. Il faut s'imaginer, je crois, que la dernière partie d'Insidious n'était pas censée terroriser, mais fasciner. Et de ce point de vue, j'en suis sorti définitivement comblé. En plus de montrer la sortie astrale dans un film d'horreur, ce qui est plutôt original, James Wan a réussi à signer une suite digne de ce nom. Et pourquoi donc ? Car Insidious 2 n'est pas qu'une simple suite, c'est un complément. Il est dingue de voir comme les deux films s'enchaînent et se complètent, le 2e faisant constamment référence au premier en répondant à des choses dont on n'attendait même plus de réponse. J'ai été très surpris de voir à quel point le scénario est bien pensé. En plus de l'histoire bien ficelée, le film contient tout ce que j'avais adoré dans Conjuring : une mise en scène impeccable, un art du suspense démesuré et des effets savoureux (l'apparition du titre INSIDIOUS sur fond de violons bruyants me fait toujours mon petit effet).
 


         44.  The Rocky Horror Picture Show (1975)



           Le générique d'ouverture est culte et absolument génial, tout comme la prestation de Tim Curry inoubliable. Le film est un espèce de gros délire entre le nanardesque et le culte mais qui s'avère jouissif à regarder, notamment pour les musiques particulièrement réussies et entraînantes. Le film se conclut avec une pointe de tristesse un peu étrange mais qui contribue de manière magnifique au statut inclassable du chef d'oeuvre. La chanson d'ouverture/fermeture est un pur bonheur. Voir l'article sur le générique.
 
 

         45.  Trance (2013)



           J'aime Danny Boyle et je l'attends toujours avec impatience. Trance est un poil en-dessous de ce qu'il a l'habitude de proposer, mais il se retrouve quand même dans ce top. Trance offre un labyrinthe scénaristique sympa et extrêmement cool qui prend tout son sens dans les dernières minutes du film. Quelques scènes sont d'une puissance folle, aidées par une BO dynamique et forte qui me fait franchement vibrer. En plus de proposer un scénario vraiment original et bien ficelé, Danny Boyle s'arme d'acteurs tous aussi bons les uns que les autres, du taré James McAvoy à l'imposant Vincent Cassel, en passant par l'élégante Rosario Dawson. Un plaisir.
 
 

         46.  Upside Down (2013)



           Quel dommage ! Upside Down aurait pu culminer dans le top 20 s'il ne présentait pas ces quelques petites incohérences parfois gênantes. Car d'un point de vue purement esthétique, le film est une véritable merveille. En tout cas, tout à fait adapté à mes goûts. Rien à dire, j'en ai pris plein les yeux pendant presque 2h, savourant les superbes couleurs, les lumières mettant en valeur la pétillante Kirsten Dunst et Jim Sturgess. Upside Down est une histoire d'amour impossible fort originale et dotée d'un concept assez fort et intéressant. Inutile de cracher sur les lois physiques qui règnent dans le film, il est clair et évident qu'il n'a pas de logique de notre point de vue et que le film présente un univers différent du nôtre. Bref, j'ai été conquis, même si certaines scènes ressemblent à de la pub pour du parfum, je m'en fous, ça m'a envoûté.
 
 

         47.  The Grandmaster (2013)



           Wong Kar-Waï qui s'essaie à un film d'action, c'était inattendu et risqué, a priori. Néanmoins, The Grandmaster s'avère magnifique visuellement. L'ouverture du film est absolument sublime, l'intégralité des plans du film est maîtrisée et savoureuse à regarder. Pour certains plans, le cinéaste a pris 7 heures pour tourner 3 petites secondes et ça se sent. Qui plus est, les plans magistraux sont sublimés par une musique envoûtante et une photographie d'une qualité rarement atteinte. La beauté des combats surpasse même ceux d'Ip Man de Wilson Wip, c'est dire la qualité de cette oeuvre, qui fait passer au premier plan le kung-fu avant même les personnages. Un défaut pour certains, une idée de génie pour d'autres, d'autant que les personnages ne sont pas délaissés avec des scènes extrêmement poétiques et émouvantes. Zhang Ziyi éblouit chaque plan par sa présence. Bref, l'une des nombreuses merveilles de cette année qui souffre peut-être d'une narration parfois un peu floue. L'article complet.
  
 

         48.  Third Star (2010)



           Sous le conseil de je ne sais plus quel(le) internaute dont le nom m'échappe (désolé !), j'ai tenté Third Star et je l'ai adoré. Film totalement méconnu mais pourtant profondément humain, Third Star raconte l'histoire de potes qui entreprennent un voyage sur les côtes du Pays-de-Galles. Je vous laisse le découvrir, le film mêle aventure, humour, amitié, héroïsme et émotion avec justesse. Impossible de ne pas être touché par les dernières minutes du film, insoutenables de beauté.
 
 
 
         49.  Lola (1961)



          Cette année, j'ai décidé de tenter Jacques Demy, en essayant de commencer par l'un des films que je redoutais le moins. Quelle belle surprise que ce Lola ! Un film velouté et raffiné, bourré de nostalgie (sentiment que j'apprécie de retrouver au cinéma, le nombre de fois que ce mot apparaît dans cet article en est d'ailleurs la preuve), une Anouk Aimée irrésistible et adorable, simple. Bref, un moment vraiment charmant sur le thème de l'amour, à ne louper sous aucun prétexte.
 


         50. Sound of my voice (2011)



           Un film très original où Brit Marling excelle. Je l'avais déjà adorée dans Another Earth, elle est ici encore plus ensorcelante. Cette actrice a un don pour captiver et pour pendre les spectateurs à ses lèvres, c'est assez incroyable. Le film est magnifique et le thème traité (celui de la secte, assez rare au cinéma) est tellement bien mis en scène que le spectateur est lui-même quasiment intégré dans la communauté, doutant constamment des dires de Maggie. Qui plus est, la fin un peu K-PAXesque permet de réfléchir bien après le film. Original et inattendu.
 
  
         51.  Docteur Folamour (1964)



           Je vous entends crier d'ici. Comment ? Docteur Folamour, ce chef d'oeuvre intemporel de Kubrick, n'est même pas dans le top 50 ? Vient après cette bouse de Upside Down ? Et oui. Inutile de dire que j'ai adoré Docteur Folamour de bout en bout, que le film transpire le génie sous tous les côtés. Il n'empêche, et j'en ai honte, que je trouve le film un poil en-dessous dans la filmographie de Stanley Kubrick, pour la bonne et simple raison qu'il ne m'est pas resté en tête. Ca ne veut pas dire grand chose, vu l'ensemble absolument brillant de l'oeuvre du cinéaste, mais certains petits détails (vraiment petits) m'empêchent de le placer tout en haut de cette liste. J'ai beau apprécier Peter Sellers pour ce que j'ai vu de lui, j'admets avoir eu parfois un peu de mal avec son interprétation tout en excès, même si ça permet à Kubrick d'appuyer sa satire. C'est vraiment un détail, car le film est quasiment parfait.
  

 
         52.  Ghost Dog - La voie du samouraï (1999)



           Ambiance mémorable et interprétation géniale de Forest Whitaker. Le style parfaitement reconnaissable de Jim Jarmusch, lent et aérien, est toujours aussi efficace. Ghost Dog explore diverses choses, des atmosphères assez surprenantes pour un film de ce genre, contant l'histoire d'un samouraï des temps modernes, ami avec une jeune fille, errant dans les rues du New Jersey sous la musique de RZA. Génial et cool.
 
 

         53.  L'Odyssée de Pi (2013)



          Le seul petit défaut à mon goût reste le visuel un peu trop lisse et trop propre. La qualité des images est indiscutable, mais il y a un je-ne-sais-quoi qui me gêne, comme ça avait été le cas dans The Fountain notamment. Ceci dit, c'est bien la seule chose que je puisse reprocher au film tant il est extraordinaire. On vit une véritable aventure pendant plus de 2h, émerveillés par les images et par le scénario brillant. Il faut oser, faire tenir tout un film sur la relation entre un homme et un tigre à la dérive au milieu de l'océan. Et pourtant, ça tient parfaitement la route et s'avère presque digne de films comme Seul au Monde. Le dénouement constitue la cerise sur le gâteau ; la réflexion qui est posée sur cette histoire incroyable est purement géniale, offrant un savoureux parallèle entre les deux versions de l'histoire de Pi et les deux versions de l'Histoire du monde, celle de Pi étant à comparer intelligemment avec La Bible, par exemple. Les répliques finales achèvent le spectateur et un déclic étrange se produit.

 

         54.  La vie d'Adèle (2013)



           Il s'en est fallu de peu pour que La Vie d'Adèle se retrouve dans la partie supérieure du classement. J'ai trouvé le film quasiment parfait, mise à part cette étrange et interminable scène de sexe dont je n'ai pas vraiment compris l'intérêt. Ceci étant dit, les 3 heures passent à une vitesse incroyable tant l'histoire est passionnante et pimentée de petites scènes poétiques, à l'image d'Adèle dansant sur "I follow rivers" de Lykke Li. 3 heures assez intenses en émotion, qui s'avèrent palpitantes grâce au duo d'actrices, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, dont les personnages forment un couple fort et explosif menant indéniablement à un enfer amoureux fait de non-dits et de regards. Vraiment un quasi chef d'oeuvre que j'attends de découvrir une seconde fois.
 
  

         55.  Le Congrès (2013)



           Ari Folman met encore en oeuvre tout son talent pour nous sortir un film haut en couleurs, au design parfaitement soigné. Ce film futuriste regorge d'idées tout aussi brillantes les unes de les autres, soutenues par un visuel original mêlant réalité et animation et une Robin Wright surprenante. Plusieurs scènes frôlent la poésie pure.



         56.  Passion (2013)



          Le film m'a totalement déboussolé ; j'ai été pris à contre-pied pendant tout le film. Je ne connais pas bien Brian de Palma, j'ai dû voir 6 de ses films et c'est à chaque fois tout ou rien. Trois films que j'ai adorés et qui m'ont passionné, et trois autres pour lequels je n'ai pas pu passer la première demie-heure. C'est dire les risques que j'ai pris en allant au cinéma voir Passion, d'autant que j'étais persuadé qu'il allait se ranger dans la deuxième catégorie. Eh ben que dalle, c'est même probablement mon De Palma préféré. Autre surprise : j'y suis allé avec un mauvais pressentiment pour Rachel McAdams et un meilleur pour Noomi Rapace, et ce fut finalement le contraire ; je trouve que la première s'en tire bien mieux avec un personnage plus intéressant, plus mesquin. Depuis ce film d'ailleurs, j'ai appris à apprécier cette actrice que j'avais autrefois du mal à supporter, et il s'avère qu'elle me passionne de plus en plus. L'ambiance qui règne dans Passion est extraordinaire et j'ai pris un énorme plaisir à découvrir cette intrigue, à suivre ces deux personnages qui se tirent dans les pattes avec hargne mais subtilité. Bref, je n'ai carrément pas vu le temps passer, tant j'ai été happé par l'atmosphère du film, très prenante. La réalisation magnifique permet habilement de plonger le spectateur dans le film, avec passion si j'ose dire. Les plans-séquences sublimes sont palpitants et la caméra prend le temps de se poser sur le regard des personnages avec quelques gros plans. La meilleure scène du film est incontestablement la scène en split-screen, assez longue, pour notre plus grand plaisir. C'est la scène clé du film, là où tout se joue et fait basculer le film dans quelque chose de totalement différent sans pour autant perdre son rythme. La scène est d'une grandiose poésie, absolument sublime et hypnotisante, il est difficile de lâcher le regard de l'écran (ou plutôt du double écran). En plus de la réalisation sublime, le scénario est moins basique qu'on pourrait le croire de prime abord, partant d'une espèce de comédie machiavélique pour finir en thriller haletant où le réalisateur prend plaisir à perdre son spectateur et à lui jouer de mauvais tours. Bref, Passion est passionnant et passionné, j'y ai pris un plaisir énorme.
 

 
         57.  La couleur des sentiments (2011)



           Pas grand chose à dire sur ce film, si ce n'est qu'il est succulent à regarder jusqu'au bout. Au début, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'univers du film et j'ai surtout eu du mal à m'adapter aux personnages, très caricaturaux pour certains. Et puis au fur et à mesure que l'intrigue se déroule, les personnalités s'affirment et se confrontent, l'intérêt grandit jusqu'à nous passionner franchement. Sans trop de manichéisme, malgré l'aspect visuel du film tout en couleurs vives, La Couleur des Sentiments porte un regard lourd et sombre sur un sujet assez rarement abordé au cinéma et donne absolument envie de lire le livre pour plus de détails. Certaines relations entre personnages sont - j'imagine - franchement résumées et raccourcies pour faire tenir le film en 2h30, mais j'aurais eu envie d'en savoir plus notamment sur la relation entre Minny et Celia. Le récit s'appuie presque exclusivement sur un casting 100% féminin et propose de développer le positionnement de diverses femmes à l'égard du racisme anti-noir du sud des USA dans les années 60. Chacune des femmes interprétées dans le film a son caractère propre, différent de celui des autres, et le film/livre offre tout un panel de situations étonnantes. Ca va de l'affreuse Hilly à l'adorable Celia, de la mère un peu lâche à celle ayant un peu plus de recul sur la situation, de la domestique discrète à celle qui n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, tout en passant par la journaliste qui tente d'avoir une vision globale et objective sur tout ça. Toutes les actrices sont géniales et à fond dans leur rôle, avec toujours un petit plus pour Jessica Chastain, qui offre un personnage haut en couleurs et en émotions dans la peau de la femme la plus innocente du monde. Bref, le film est un véritable bijou, nécessaire et bourré d'humour.
           
      

         58.  Cloud Atlas (2013)



           Le film mérite indiscutablement plusieurs visionnages afin de bien saisir toutes les subtilités et les niveaux de lecture. J'ai quitté la salle de cinéma avec un effet bizarre ; celui de ne pas avoir vu un film mémorable. Pourtant, le 2e visionnage en DVD a été bien meilleur. Le montage, les maquillages, le casting, tout ceci est exceptionnel et frôle la perfection. Voir Tom Hanks, Halle Berry, Hugo Weaving, Jim Sturgess et compagnie jouer chacun 36 rôles est un pur bonheur. Le scénario d'une conséquente complexité est parfois difficile à suivre, tant les liens entre les 6 époques sont mystérieux, et la qualité visuelle est bien digne des créateurs de Matrix. Le film ne manque pas de rebondissements et d'un humour savoureux (Hugo Weaving en femme de chambre façon Mrs Doubtfire, c'est inoubliable), mais il demeure d'une ambition folle. Une ambition peut-être trop folle ; je suis resté avec l'impression que le film ne réussit pas toujours à atteindre la puissance du chef d'oeuvre qu'était sa bande-annonce. A mon goût, Cloud Atlas manque légèrement de puissance, d'émotion, d'intensité sonore mais l'entreprise est tellement gigantesque que je ne peux qu'applaudir.
   
 

         59. La balade sauvage (1974)



          Terrence Malick apparaît pour la troisième fois dans ce classement, et ce n'est pas rien étant donné la rareté de son cinéma. L'amour du cinéaste pour la nature se ressent déjà dans ce premier film et Martin Sheen est absolument brillant d'un bout à l'autre en jeune homme insolent et imprévisible. Sissi Spacek, quant à elle, est excellente et offre une interprétation de grande qualité et très originale. Pourtant, j'ai par moments eu du mal à trouver son personnage crédible, tant elle ne semble jamais réagir à rien. Toujours est-il que ce film sous forme de Bonnie and Clyde désertique est savoureux et ne s'oublie pas facilement.
 
   

 

         60.  La corde (1948)



           Dernier film de ce classement et pas des moindres : c'est l'un des rares Hitchcock que j'ai vu avant 2014 (je compte bien régler cette inculture cette année), et il m'a vraiment séduit. Un huis clos génial composé d'une dizaine de longs plans-séquences travaillés au millimètre, la mise en scène est exemplaire. Si La corde est un film mineur de la filmographie du maître (mais est-ce bien le cas ?), je salive d'avance en imaginant le niveau de ses chefs d'oeuvres les plus réputés.

 

 

 

 

         Voilà donc la fin de ce classement, inutile de dire que le fait de découvrir toutes ces merveilles en 2013 confirme ma passion pour le cinéma, qui ne risque pas de s'éteindre tout de suite ! Au contraire, ma flamme est ravivée et je compte bien continuer de découvrir un maximum de chefs d'oeuvre pour les partager ici.

 





 

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 16:25

          Il est absolument impossible que je ne fasse pas d'article à propos de ce film. Clairement, Gravity se place cette année tout en haut des meilleurs films que j'ai pu voir depuis janvier, et même des meilleurs films que j'ai pu voir tout court. Malgré tout le tapage fait autour du film, il ne faut surtout pas hésiter à aller d'urgence découvrir dans les salles de cinéma cette perle - que dis-je - cette merveille cinématographique.

   

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gravity

 

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          Je n'aime pas la 3D et je n'ai jamais aimé ça. Mais pour une fois, il faut bien l'admettre, elle est nécessaire. Je pense que jamais un film n'est allé aussi loin dans l'immersion du spectateur. Il est indispensable de voir le film en 3D dans une salle avec un grand écran, car il a été construit et tourné pour mettre en valeur la 3D de manière bien plus conséquente que n'importe quel autre film. La 3D n'est parfois qu'un prétexte pour attirer les spectateurs, et souvent elle n'est pas particulièrement justifiée. Mais quand on s'assoit dans la salle de cinéma et que Gravity commence, on ne regarde pas le film. On vit le film. Car la 3D est justifiée à chaque instant.

 

             Bref, Gravity c'est vraiment 100% d'immersion au coeur de l'espace. Je n'avais jamais expérimenté quelque chose d'aussi fort sur grand écran, en terme de beauté visuelle, d'émotions, de sensations.Ce film n'est pas seulement un exploit visuel, c'est également un incroyable huis clos dans l'espace. Les termes "huis clos" et "espace" peuvent sembler contradictoires. Et pourtant. L'effet provoqué par l'immensité et le vide de l'univers est parallèlement associé à un effet de claustrophobie hallucinant. 

 

gravity

 

           Par où commencer ? Gravity, c'est d'abord pour moi l'idée géniale d'un réalisateur génial, Alfonso Cuarón. Son dernier film date de 2006 et figure parmi mes chouchous : Les fils de l'Homme est une oeuvre de génie et impressionnante visuellement. J'avais déjà rangé Cuarón parmi les auteurs à suivre absolument, notamment grâce à ses plans-séquences absolument brillants et une maîtrise de la caméra à mon goût remarquable. Même le sombre Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban regorge d'idées séduisantes et de plans mémorables, ce qui en fait probablement l'opus le plus réussi des aventures du jeune sorcier. Nul doute que Alfonso Cuarón sait imposer des ambiances et parvient toujours à immerger le spectateur dans ses histoires, grâce à sa mise en scène exemplaire. Mais là, dans Gravity, ça dépasse toutes mes attentes cinématographiques les plus folles. Je dis parfois (mais rarement) que tel ou tel film est proche de mon idéal cinématographique. Gravity, lui, va au-delà.

 

            Le film est à mon goût une perfection dans sa réalisation. On démarre déjà avec un plan-séquence proprement hallucinant qui met tout de suite dans l'ambiance. Pas de présentation préliminaire des personnages : on entre directement dans leur univers, dès la première seconde, et on ne les quitte jamais. Les mouvements de caméra sont extrêmement bien pensés et le film enchaîne les trouvailles de mise en scène, en alternant les vues subjectives et les longs moments aériens où l'on a l'impression de flotter dans l'espace. Quel moment sublime également lorsque, avec une fluidité déconcertante, la caméra se rapproche tellement de Sandra Bullock qu'elle traverse le scaphandre et nous donne l'impression de vivre ce qu'elle vit. C'est bien simple, la caméra jongle entre les différents personnages, devient parfois un personnage, se déplace comme si elle était elle aussi en apesanteur, et la gestion de l'espace est une pure merveille. Bref, les mouvements de caméra sont à mon goût parfaits du début à la fin. Chaque plan parvient à mettre en valeur du mieux possible chaque situation, permettant d'avoir des vues d'ensemble grandioses (mettant en jeu la planète Terre, qui n'a jamais été plus belle) comme des vues rapprochées claustrophobiques.

 

gravity

   J'ai surtout été impressionné par le respect des lois de la physique concernant le son. Tout ceci donne un réalisme particulier au film, comme l'avait fait 2001, l'odyssée de l'espace il y a 50 ans. Le fait que le son ne se propage pas dans le vide permet au film de contenir des trouvailles sonores intéressantes. On n'entend rien d'autre que les voix des personnages ; claires lorsque la caméra se trouve au même endroit qu'eux, ou par l'intermédiaire d'une radio lorsque la caméra se situe à l'extérieur. Mis à part ceci, le film se permet de grands moments de silence parfaitement dingues, où le spectateur peut se sentir complètement seul et désemparé. Et lorsque le silence n'est pas complet, c'est la musique qui prend le relais avec une BO d'une beauté folle. Les musiques célestes, aériennes, mettent en valeur les mouvements des personnages ou des éléments extérieurs, et se conclut en apothéose avec la fin du film, d'une puissance étonnante. Encore un truc que je vais écouter pendant des mois...

 

             Le scénario, plutôt simple, ne m'a absolument pas paru décevant, contrairement à ce que j'ai pu lire un peu partout. Pour moi, cette simplicité permet de mettre en valeur le thème principal du film qui est la renaissance. Les rebondissements scénaristiques sont assez basiques mais ne souffrent d'aucune incohérence majeure (mis à part la scène du parachute et quelques erreurs qui, à mon goût, ne nuisent pas au film). Les apparitions / disparitions de George Clooney sont parfaitement bien exploitées et permettent d'obtenir à chaque fois des moments d'émotion intenses. Par ailleurs, Clooney et Bullock offrent dans ce film d'énormes moments d'émotion pure, car simple. Le passé du personnage de Sandra Bullock est touchant et permet de donner au personnage (et au film) une belle profondeur. Au fil du film, on se rend compte que Gravity n'est pas un film sur l'espace, ni sur un accident de navette. C'est la magnifique histoire d'une femme qui lutte pour sa vie, et qui lutte même pour une renaissance. La référence au foetus de 2001, L'odyssée de l'espace est pertinente et donne à ce thème de la renaissance une sacrée puissance.
 

gravity


            Avec tous ces éléments, on a déjà dépassé de le stade du film idéal à mon goût. A tout ceci s'ajoute pourtant d'autres éléments formidables, des scènes bien particulières qui marquent. Entendre le personnage de George Clooney s'émerveiller devant la beauté de la vue, du lever du Soleil sur la Terre, avec cette voix paisible et émue, c'est quelque chose qui va rester gravé dans ma tête pour longtemps. Sandra Bullock qui aboie, ça m'a fendu le coeur.

 

 

            Bref, je pense que j'ai tout dit sur ce que Gravity m'a apporté (2 fois et probablement 3 fois ce soir), pour conclure je dirais que Gravity est une expérience à ne surtout pas manquer au cinéma, il est à mon avis impossible de ne rien ressentir devant tant de virtuosité cinématographique.






harry

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 08:25

      Voici un court-métrage que je viens découvrir et qui m'a totalement emporté. "Noah" est un film de 17 minutes qui se déroule sur un écran d'ordinateur, où on suit les différentes activités d'un adolescent, Noah.

 

       Extrêmement bien scénarisé et réalisé (par Walter Woodman et Patrick Cederberg), un peu comme une comédie romantique, le court-métrage m'a captivé du début à la fin, en montrant à quel point Facebook (notamment) a fait évoluer nos réactions et notre comportement à l'égard des autres. Bref, je ne vais pas tout raconter et je laisse plutôt le plaisir à ceux qui ne l'ont pas encore vu de le découvrir (en plein écran). Le lien semble marcher (au moins pour l'instant ! Merci zerz) :

 

http://www.tuxboard.com/noah-la-vie-dun-ado-sur-internet/

 

 

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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 21:14

          Like Crazy est une véritable merveille sortie il y a 2 ans, mais passée complètement à la trappe en France. Encore une preuve, s'il en fallait, que de nombreux films d'une beauté absolue n'ont parfois pas le succès qu'ils méritent. Cette romance est un véritable bonheur à regarder, à la fois poétique, sentimentale, déprimante, visuellement sublime, magnifiquement interprétée et mise en musique. Un film d'amour sans facilités, sans fioritures scénaristiques aberrantes. Un film simple, vrai et beau, sur les relations amoureuses et les effets du temps et de l'espace sur un couple.

   

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harry

 

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          Il est très rare que je pense ça d'un film, mais Like Crazy ressemble de très près à mon idéal cinématographique. Que ce soit visuellement, sonorement ou scénaristiquement, ce film est pour moi un énorme coup de coeur et fait clairement partie des films qui m'ont le plus marqué cette année. D'une sensibilité magnifique, le film est réalisé par Drake Doremus qui semble avoir tout compris à la manière de traiter une histoire d'amour. Like Crazy est peuplé de doux moments qui m'ont immergé totalement du début à la fin. 

 

          La chose la plus difficile à faire, lorsqu'on traite de l'amour au cinéma, c'est de ne pas tomber dans le niais ou la mièvrerie. De nombreux films se plantent lamentablement en déballant les clichés, en présentant des couples stérotypés et/ou complexes, à grands renforts de longs dialogues. Et pourtant, le meilleur moyen de traiter de l'amour est probablement de le faire à l'aide de silences, de non-dits, de regards. Je ne peux pas m'empêcher de penser au sublime A la merveille de Terrence Malick qui m'avait déjà secoué. Like Crazy fait partie de ces films qui mettent du baume au coeur, qui bouleversent sans en faire trop, en restant toujours simples. Les rares dialogues prennent une valeur émotionnelle considérable lorsque les non-dits se succèdent. La scène au téléphone, notamment, où les deux personnages sont au bord des larmes, est l'une des plus belles que j'ai pu voir récemment. Tout simplement parce qu'elle criante de vérité, qu'elle met en valeur la fragilité et la dépendance que peut avoir une personne vis-à-vis d'une autre, qu'elle déborde de sentiments, qu'elle provoque chez le spectateur un flux d'émotions puissantes.
 

 

harry

 

 

                Qui plus est, le film ne reste pas constamment dans l'idée d'un amour idéal et éternel, et évite ainsi la niaisierie dont je parlais plus haut. Il traite non seulement des effets de l'espace sur un couple (la fameuse relation à distance, difficile à vivre), mais également des effets du temps. La dernière séquence, notamment, est une véritable merveille de poésie, de nostalgie assez déprimante. On ne reste pas dans un optimisme à toute épreuve, car la passion entre deux personnes est éphémère et qu'elle dépend d'un tas de paramètres qui évoluent. En ce sens, le film est extrêmement déprimant, faisant penser un peu (de manière moins évidente et plus réservée) au thème abordé dans Blue Valentine la même année. 

 

            Mais si Like Crazy m'a autant plu, ce n'est pas seulement parce qu'il traite son sujet à la perfection. Il est également baigné dans une ambiance bien particulière, un mélange de poésie, de nostalgie, de beauté visuelle et sonore qui m'ont bouleversé et scotché à mon siège. Esthétiquement et musicalement, Like Crazy correspond entièrement à mon film idéal. La BO aérienne, sompteuse et obsédante m'a pris aux tripes et permet de créer des moments de cinéma dont je raffole, que je savoure avec plaisir et frisson. Des séquences qui allient la beauté des images à la puissance de la musique et qui donnent envie de relancer le film une fois terminé. Ce genre d'atmosphères représente tout ce que j'aime expérimenter au cinéma. Le film m'a beaucoup fait penser au style de Sofia Coppola, avec des envolées musicales parfois déprimantes, des personnages forts et attachants, une photographie magnifique qui placent le spectateur dans des états secondaires.

               

 

harry

 

 

               C'est sans parler des acteurs, tous absolument brillants dans leurs rôles. Anton Yelchin (qui m'avait déjà plutôt ému dans Le complexe du castor) et Felicity Jones sont d'une justesse incroyable, que ce soit dans les jeux de regards comme dans les dialogues. Qui plus est, on s'attache dès les premières minutes aux deux personnages et il est impossible de ne pas partager leurs joies, leurs pleurs, leurs craintes, leurs questionnements, leur fragilité. Bref, le film est d'une sensibilité extrême. Si on aime cette sensibilité et qu'on se laisse embarquer dans cette belle et simple histoire, on passe un moment inoubliable. Il ne faut donc surtout pas passer à côté si on se sent d'humeur un peu romantique.






harry

 

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 14:50

          Voici un énième chef d'oeuvre passé totalement inaperçu, hyper mal distribué en France. Avec 2 ans de retard, il est sorti seulement dans une petite dizaine de salles. Ayant vu la bande-annonce l'année dernière, c'est probablement l'un des films que j'attendais le plus cette année et je n'ai même pas pu le visionner au cinéma. Pourtant, ce petit film indépendant de 1h15 est une merveille.

   

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          C'est en tombant par hasard sur la bande-annonce du film que je suis également tombé amoureux de celle-ci, de la musique, ainsi que de l'idée de voir réunis dans un film dramatique deux acteurs grandioses de séries tv humoristiques. Garret Dillahunt, d'une part, joue le père de famille dans la série Raising Hope, où il m'a déclenché un certain nombre de fous rires. D'autre part, Donal Logue incarne le père de famille dans Parents à tout prix, une série qui a bercé mon adolescence et continue de me faire mourir de rire aujourd'hui. Chacun des deux acteurs a un pouvoir comique certain, et je me souviens encore du grand sourire que j'ai fait lorsque j'ai vu cette bande-annonce il y a quelques mois :

 

 

 

 

            Deux acteurs de séries humoristiques réunis dans un film dramatique sur les conséquences psychologiques de la guerre, j'avais du mal à y croire mais j'ai immédiatemment eu confiance. Certains acteurs de comédie ayant un réel don humoristique sont également particulièrement géniaux pour jouer le drame. Je n'ai pas une multitude d'exemples en tête, mais Steve Carell me semble être un parfait représentant de cette description. Toujours est-il que j'avais hâte de voir ces deux acteurs dans un autre registre et que le film s'avère magistral en partie grâce à eux.

 

 

harry

 

 

                Pour son premier film, Ryan Redford nous sort un joli coup de maître, brillamment réalisé et mis en scène. Oliver Sherman est un magnifique récit sur les effets de la guerre et le lien étrange qui peut exister entre deux ex-soldats. Le personnage principal est un type paumé, qui ne trouve pas sa place dans la société et semble même un peu dérangé. Je ne vais pas spoiler tout le film (qui est assez court), mais pour résumer Oliver Sherman est un homme sans foyer, sans famille, qui cherche des réponses du côté de Franklin Page, un ex-compagnon de guerre qui a, lui, fondé une famille. Mais Oliver Sherman va devenir de plus en plus embarrassant et Franklin va être coincé entre le lien fort qui le lie à Oliver Sherman et sa famille qu'il ne souhaite pas voir troublée.

 

                  Le film ne s'égare jamais dans des voies obscures ou absurdes, il appuie la psychologie des personnages, par l'intermédiaire de regards et de discussions. La dualité entre les deux personnages est passionnante. Si le film s'avère simple dans sa construction, il est complexe dans son traitement des personnages. Cet habile mélange de simplicité et de complexité rend le film parfaitement savoureux, agréable à regarder, mais surtout palpitant, plein de tension. Les jeux des acteurs sont absolument irréprochables, tout en réserve, parfaitement crédibles du début à la fin.

               

 

harry

 

 

               Qui plus est, la réalisation est finement travaillée et le film offre une sacrée quantité de plans sublimes qui mettent en valeur la tension entre les divers personnages. La musique (celle de la bande-annonce) est simple mais obsédante, à la fois d'une grande douceur et représentative de la tension qui monte, des non-dits. L'utilisation de la musique est particulièrement géniale, notamment dans l'introduction et dans la conclusion. J'ai spécifiquement apprécié l'absence totale de musique pendant les deux génériques, chose assez rare au cinéma qui met pourtant ici en valeur tout le propos du film.

 

              La séquence finale, avec la musique sublime, est une merveille et constitue probablement l'un de plus beaux passages que j'ai vus cette année. Cette scène au ralenti, cette tension appuyée par la musique, et ce dénouement d'une pure beauté vont certainement me rester longtemps en tête. Les cadrages sont intelligents et la musique est sublimée par le mutisme des personnages. Bref, Ryan Redford conclut son film de manière très élégante, classe, délicate, et pessimiste. C'est brillant, c'est tout ce que j'aime au cinéma et je vous le conseille grandement !






harry

 

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 09:26

          Ca fait plaisir d'être en vacances et de revisionner plein de films. Ca fait du bien aussi de se refaire des "journées thématiques". Ces 3 derniers jours, j'ai enchaîné les 8 volets de Harry Potter et la trilogie du Seigneur des Anneaux et c'est toujours un bonheur de me replonger ainsi dans deux de mes univers favoris. Ces petits marathons cinématographiques sont des délices d'ambiance, être immergé ainsi pendant 2 jours dans le monde de Poudlard est une expérience assez merveilleuse, surtout lorsqu'on est comme moi dingue de la saga littéraire. Je ne vais pas détailler ici toute ma passion pour Harry Potter, que je trouve scénaristiquement magique et émotionnellement puissant, ni mes déceptions/ravissements vis-à-vis des films. Ca me passionnerait, mais ça me prendrait des jours.

 

           Cependant, j'ai été particulièrement ravi de l'adaptation de la première partie des Reliques de la Mort (7e et dernier livre de la série), et notamment la manière avec laquelle la relation entre Harry et Hermione a été traitée.

   

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          Globalement, j'ai accroché dès le début à la saga cinématographique. Même si j'ai pu avoir un peu de mal avec Daniel Radcliffe lors des premiers volets, je m'y suis fait et je pense même que je ne supporterais pas de voir un autre acteur incarner Harry Potter. D'ailleurs, cette remarque est valable pour l'ensemble des personnages et je trouve que c'est une sensation assez forte. On pourra toujours critiquer les films Harry Potter par rapport aux bouquins, parce qu'il manque des choses, ou parce que certains ajouts n'étaient que peu justifiés, et surtout parce qu'il est difficile de faire émotionnellement aussi fort que le support littéraire. Les petites déceptions que m'ont offert les films sont présentes essentiellement parce que les livres sont d'une qualité exemplaire. Parce qu'il est quasiment impossible de retranscrire à l'écran toutes les émotions du livre, étant donné que la plupart des moments forts se passent dans la tête d'Harry.

 

          Cependant, l'esprit est bien présent à l'image et ces 8 volets ont à mon goût réussi à capter toute l'essence de Harry Potter, toute sa force, à travers les décors et les personnages. Je trouve que c'est un boulot monstre et je ne pourrai sans doute jamais descendre ces adaptations, parce qu'elles m'ont fait rêver et forment une sorte de bonus aux bouquins. Certes, certaines libertés regrettables ont parfois été prises, certains oublis également, et certains ajouts inutiles. Mais, parmi ces changements, il y a une scène ajoutée que j'ai trouvée profondément géniale, et que je trouve de plus en plus géniale à mesure que le temps passe : la scène de danse entre Harry et Hermione dans le 7e volet.

 

 

 

 

 


               Beaucoup ont critiqué cette scène lors de la sortie du film, parce qu'elle n'est pas dans le bouquin, parce qu'elle a un côté ridicule, parce que sa présence n'était soi-disant pas justifée. Et pourtant, je ne comprends pas comment les fans de la saga littéraire peuvent ne pas apprécier cette scène.

 

                 La relation entre Harry et Hermione

 

                En matière de relation, de lien puissant entre personnages, je trouve qu'on a rarement fait aussi intense. C'est peut-être ma Pottermania qui parle, c'est peut-être ma passion extrême pour les bouquins qui m'aveugle, mais je trouve cette scène absolument prodigieuse. Je pense que David Yates n'aurait pas pu mieux exprimer l'amitié profonde et platonique qui existe entre Harry et Hermione. Cette scène est une ode à l'amitié pure, renforcée par les liens profonds qui existent entre les deux personnages depuis 10 ans d'adaptation cinématographique. Mis à part la relation entre Sam et Frodon dans Le Seigneur des Anneaux, je n'arrive pas à trouver au cinéma une amitié qui soit aussi forte et aussi belle entre 2 personnages. 

 

                L'ambiance déprimante du film joue en faveur de cette scène. Les deux personnages étant liés depuis 7 ans par des drames à répétition, ils sont à bout et sont désespérés. Hermione est dévastée, l'ambiance est merdique, Harry sent le poids de ses responsabilités l'envahir et les deux personnages songent même à abandonner leur vaine entreprise. Mais, en l'espace d'un instant, en l'espace d'une danse, Harry parvient à redonner le sourire à Hermione. Ils se rassurent mutuellement et on prend conscience de la pureté de leur amitié, extrêmement forte, sans aucune sorte d'arrière-pensée. Je ne crois pas avoir déjà vu au cinéma une histoire d'amitié homme-femme aussi belle. C'est un type de relation qui y est extrêmement peu abordé (dans presque tous les cas, l'amour ou le sexe viennent faire leur apparition) et je trouve ça vraiment dommage.

 

                  Le dosage de la musique

 

              Qui plus est, la scène est magnifique parce qu'elle a un pouvoir terriblement nostalgique. L'utilisation de la musique (la sublime musique "O Children" de Nick Cave & the Bad Seeds) est absolument parfaite. On commence par l'entendre faiblement à la radio, au coeur du film. La voix et le ton, associés aux couleurs sombres de l'image, donnent d'emblée une atmosphère déprimante à la scène et on devine aisément ce qu'il se passe dans la tête des 2 héros. Lorsque Harry décide de remonter le moral d'Hermione, la musique s'intensifie à mesure que les protagonistes sourient et elle devient le principal élément de la scène. D'ailleurs, la puissante musique se retrouve alors extérieure à la scène, on est passé à un son off qui met en valeur la relation sublime entre Harry et Hermione. Pendant quelques dizaines de secondes, ils sont seuls au monde et oublient tous leurs problèmes. Je trouve cet instant véritablement magique, et j'ai du mal à comprendre qu'on puisse le trouver ridicule. Dans ces quelques minutes, leur amitié profonde est montrée, sublimée.

 

                 Ensuite, le volume de la musique diminue et l'euphorie du moment s'échappe. Hermione pose sa tête sur l'épaule d'Harry et vice versa. Les personnages sont plongés dans leurs pensées, leurs sourires s'effacent car la réalité revient subitement. Un instant de pure nostalgie apparaît alors, car le spectateur - en même temps que les personnages - repense au parcours extrême qu'ils ont eu pour en arriver là, et pense au trajet qu'il leur reste à faire avant la fin. La musique revient alors à l'intérieur du film, via la radio, et l'ambiance redevient déprimante et sombre. 

 

                  Bref, une seule musique pour exprimer d'abord la déprime, la joie, l'euphorie, l'amitié profonde, la nostalgie, puis encore la déprime. Pour moi, cette scène est magnifiquement mise en musique et le réalisateur ne pouvait pas mieux mettre en image cette connection particulière entre Harry et Hermione. J'ose même dire que ces quelques minutes constituent le seul moment, sur les 8 volets, où le film vient surpasser le livre.

 

                   Dans cette scène, David Yates montre (enfin) que s'il est difficile d'utiliser le cinéma pour illustrer un livre, on peut quand même l'utiliser pour le rendre plus beau. D'un côté, la puissance des bouquins vient du fait que le lecteur est constamment dans la tête d'Harry Potter et que ses sentiments, ses pensées, ses émotions sont liées à celles du personnage. Or il est impossible, même avec une voix off, de retranscrire ces éléments au cinéma. Cependant, le cinéma a quelque chose que le livre n'a pas : il peut utiliser la puissance visuelle et la puissance musicale qui permettent d'émouvoir le spectateur et de transcender une scène. Bref, chaque support a ses avantages et ses manques, et chacun peut adapter ses outils afin de produire quelque chose d'intense. Cette scène de danse en est un exemple frappant.

 






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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 12:18

           Hier soir, j'ai découvert l'existence d'un film de Arnaud Des Pallières, sorti sur Arte en 2002 dans la collection Voyages, voyages. Intitulé Disneyland, mon vieux pays natal, ce chef d'oeuvre de 46 minutes donne une vision assez sombre voire déprimante du célèbre parc d'attractions de Marne-la-Vallée et le montrant sous un angle inhabituel.

 

          En s'appuyant sur la fable du joueur de flûte de Hamelin, il s'interroge alors sur son enfance - notre enfance à tous (ou presque) - et sur la raison qui pousse 45 000 personnes à se rendre au pays de Mickey quotidiennement. Avec un montage bien particulier, des images inquiétantes qui se répètent, reviennent en arrière, ralentissent, mettent en valeur les employés sous les costumes, le film impose une ambiance très spéciale, obsédante, qui reste en tête bien des heures après le visionnage.

 

              Remontent alors des foules d'émotion et de nostalgie, accentuées par l'énorme vague de mélancolie qui plane dans le film. Il est difficile de ne pas être bouleversé par les images et par le son, la musique étant magnifiquement en accord avec les multiples séquences du film pour offrir au spectateur une expérience unique et inoubliable.

 

                Je ne pense pas pouvoir me tromper en affirmant que les amateurs de Koyaanisqatsi devraient être comblés par ce film, je n'ai pas pu m'empêcher de faire la comparaison entre les deux oeuvres. Arnaud Des Pallières présente Disneyland comme Godfrey Reggio dépeint le monde, mettant en valeur de façon percutante et mélancolique les gens, les petits détails qu'on ne remarque pas mais qui sont bien présents. Impossible pour moi de ne pas comparer, par exemple, cette sublime scène du film à l'une des plus belles séquences de Koyaanisqatsi, tant sur la forme que sur le fond.

 

                 Bref, le film est une pure merveille (qui ne m'empêchera pas de continuer à parcourir les rues de Disneyland encore et encore avec cet éternel regard d'enfant). Il est disponible sur Youtube donc j'en profite pour le partager ici :

 

 

         Voir aussi : Koyaanisqatsi.

 

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 22:38

        Une fois de plus, je suis amené à faire les louanges d'un cinéma de ma région : le Café des Images qui nous a proposé ce soir une petite soirée ciné-club devant le dernier film de Wong Kar-Wai. Quand on va au cinéma, il est parfois frustrant de quitter la salle avec ses impressions en tête et de voir tout le monde s'éparpiller pour rentrer chez lui. Alors lorsqu'on nous propose de venir regarder un film pour ensuite en discuter avec d'autres passionnés, dans une ambiance parfaitement conviviale, ça fait plaisir.

 

Indice Spoiler :  C'est quoi ?

 

The Grandmaster - de Wong Kar-Wai

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         Bref, toujours est-il que ce deuxième visionnage de The Grandmaster m'a donné envie d'écrire un petit billet sur le film, que j'ai trouvé prodigieux malgré ses légers défauts. 

 

          Encore une fois, Wong Kar-Wai apporte à ses images un esthétisme parfois à couper le souffle. La première séquence, qui est également le premier combat du film, est très belle à regarder et offre des plans ingénieux qui, sans révolutionner les films d'arts martiaux, changent de ce qu'on a l'habitude de voir. La caméra se concentre sur les petits détails ; un coup de pied qui frôle un visage, un blocage in-extremis, l'appui du pied sur le sol. Tant de petites choses qui montrent globalement l'art martial sous un autre angle. L'esthétisme des combats est un peu dans la même veine que pour ceux d'Ip Man (de Wilson Yip), tout aussi chorégraphiés mais beaucoup plus flous dans leur ensemble. C'est-à-dire qu'au lieu de filmer un combat, au lieu de filmer la gestion de l'espace, Wong Kar-Wai se place du point de vue du combattant et non du spectateur. En montrant comment ils réagissent, où leurs regards se portent, de quelle façon ils rétablissent leur équilibre ou font vaciller celui de leur adversaire, la caméra s'attache à des petits "riens" qui constituent pourtant l'essentiel de l'art martial, à savoir les notions d'équilibre et de précision des mouvements.

 

            Le film présente, en gros, une petite dizaine de combats, tous aussi diversifiés les uns que les autres. Ca va du combat classique au combat sous la pluie, en passant par le combat intellectuel, le combat à côté d'un train sous la neige, ou le combat quasi amoureux. Tout en présentant ces divers types d'affrontement - qui ont d'ailleurs tous un but scénaristique passionnant - le film présente 4 différentes pratiques du kung-fu (le wing chun, les 64 mains, etc) qui permettent d'offrir un panel judicieux de techniques intéressantes. Et lorsque ces techniques sont magnifiées par la caméra du réalisateur, ça rend plutôt bien à l'image. A vrai dire, et c'est le seul bémol que j'attribuerai à The Grandmaster, il existe quand même quelques défauts à la mise en scène des combats. Le principal défaut à mon goût réside dans l'utilisation des ralentis. Si les ralentis fluides et impressionnants ont toute leur place dans ce style cinématographique, les ralentis saccadés chers au cinéaste me semblent quant à eux malvenus et cassent parfois le rythme des combats. Même si c'est un peu la marque de fabrique de Wong Kar-Wai, cet effet visuel n'est pas particulièrement justifié ici, au coeur de l'action. C'est un très bel effet, qui atteint à mon goût toute sa beauté dans My Blueberry Nights car c'est un effet purement nostalgique. La nostalgie a pourtant toute sa place dans The Grandmaster, mais pas dans les combats où elle n'a pas à intervenir (à mon avis). 

 

          Cependant, ce brave ralenti saccadé n'apparait pas tout le temps, et il est même plutôt absent sur les 2 ou 3 plus beaux combats du films. L'affrontement à côté du train est magnifique et met en valeur toute la force tranquille de l'actrice Zhang Ziyi, absolument géniale d'un bout à l'autre. De même, le combat basé sur l'intellect - le combat du biscuit - est à la fois le plus prenant et le plus simple. Mais à mon goût, le plus sublime demeure le combat "amoureux" entre Gong Er et Ip Man, alternant les ralentis fluides de toute beauté et les cascades tout aussi improbables qu'inédites. Ce qui fait la force de cette scène me paraît être la musique, qui démarre quelques minutes avant l'affrontement et s'avère être un chef d'oeuvre auditif. Je trouve que le passage musical qui précède ce combat est la meilleure scène du film, absolument sublime et épique, tout en étant "hors du temps", comme figée (tout y est d'ailleurs immobile mis à part la fumée des cigarettes). On peut écouter un extrait de cette superbe musique ici

 

           Ce moment est magistral et signe également un déclic dans le cerveau du spectateur ; on comprend en effet à ce moment que ce n'est pas Ip Man qui fait l'objet du film, mais bien Gong Er, personnage féminin d'une grande grâce et d'une belle détermination, intensément incarnée par la géniale Zhang Ziyi

 

 

        Mais ce n'est pas tout. Car ce film est également intense lorsqu'il aborde ses personnages, et pas seulement le kung-fu en lui-même. Et là encore, Wong Kar-Wai fait montre de son talent incomparable pour instaurer des effets nostalgiques d'une grande puissance. Je ne vais pas reparler de l'effet "ralenti saccadé" dont Wong Kar-Wai use (et abuse !). Les acteurs jouent beaucoup en ce sens, Tony Leung et Zhang Ziyi ayant vraiment des jeux de regards propices à ce genre d'émotions. Mais cette nostalgie, extrêmement présente vers la fin du film notamment, est également due à la réalisation et à la musique.

 

        A 3 ou 4 reprises, le film présente les personnages comme s'ils étaient pris par l'objectif d'un photographe ; il s'alignent et observent la caméra, qui recule doucement pour donner un tableau d'ensemble magique, puis le changement de couleur s'opère ; on passe de la couleur au noir et blanc et le spectateur semble se retrouver devant une photographie des années 40. Mine de rien, cet effet provoque chez le spectateur un effet de nostalgie impressionnant, qui s'explique de façon évidente. Autre élément propice à la nostalgie : le scénario qui, comme toujours avec Wong Kar-Wai, prend un plaisir immense à voir évoluer les personnages, à montrer leurs regrets vis-à-vis des choses passées, notamment sur le plan amoureux. Impossible de ne pas penser à In the Mood for Love qui en avait fait son thème principal, et de manière générale à tout ses précédents films. De ce point de vue, la dernière scène à table entre Gong Er et Ip Man est un pur bijou de nostalgie et de tristesse, touchant les personnages là où ça fait mal. 

 

            Enfin, et c'est ici que je concluerai l'article : la nostalgie passe indéniablement par la musique. Toute la BO du film est une merveille, du premier morceau (sur le générique) au dernier. L'un des plus intenses (outre celui cité plus haut), est la musique d'Ennio Morricone, celle utilisée pour la scène finale d'Il était une fois en Amérique. Le parallèle que fait cette musique entre la situation de Gong Er (l'opium) et la dernière scène de Robert De Niro est un monument de nostalgie d'une rare intensité. 

 

            Bref, malgré ses petits défauts, The Grandmaster a tout d'un "Grandmasterpiece" - même si cette dernière formulation est un peu exagérée et que c'est juste pour le jeu de mot. Car en plus de montrer l'art martial sous un angle et des prises de vue assez originaux, le réalisateur s'appuie sur cet univers pour traiter, via une belle histoire d'amour, l'un des sujets qui lui tient le plus à coeur : le souvenir des moments passés, la nostalgie et les regrets.

 

 

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Published by Sebmagic - dans Critiques de films
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